Nicolas Sarkozy: «S'il y a échec, je serai le seul responsable»

PRÉSIDENTIELLE e président sortant se dit par ailleurs prêt à pardonner Dominique de Villepin, au nom de l’unité nationale...

E.O. avec Reuters

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Nicolas Sarkozy le 14 avril 2012, au Kremlin-Bicêtre.
Nicolas Sarkozy le 14 avril 2012, au Kremlin-Bicêtre. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Dans une interview publiée ce mardi par l'hebdomadaire L'Express sur son site, Nicolas Sarkozy, dont nombre de partisans ne cachent plus leurs doutes sur l'issue du scrutin, veut croire à sa capacité à faire la différence entre les deux tours. «Au second tour, il y aura une tout autre ambiance. Les règles médiatiques n'auront rien à voir. C'est un candidat contre l'autre. La vérité des projets et la vérité des personnes», explique-t-il.

Le chef de l'Etat n'en évoque pas moins l'hypothèse d'une défaite et se dit prêt à en assumer seul la responsabilité. «S'il y a succès, nous y aurons tous contribué; s'il y a échec, je serai le seul responsable», dit-il.

«La gauche aura tous les pouvoirs» si elle gagne

Le chef de l'Etat assure toutefois que sa «sérénité est entière», malgré des sondages qui le donnent battu par son adversaire socialiste au second tour, le 6 mai. A cinq jours du premier tour, il lance une mise en garde contre les conséquences, en matière de répartition des pouvoirs, d'une éventuelle victoire de François Hollande.

«Je m'inscris dans un paysage politique où la quasi-totalité des régions sont à gauche, où le Sénat est à gauche, où la majorité des médias est à gauche», explique Nicolas Sarkozy. «Si la gauche remporte la présidentielle, elle aura tous les pouvoirs: médiatique, syndical, politique... Cela ne sera ni sain ni équilibré pour la République», ajoute-t-il.

Nicolas Sarkozy, qui a concentré sa campagne de premier tour sur des thèmes très ancrés à droite, se dit prêt, pour gagner, à battre le rappel le plus large possible autour de l'idée de «rassemblement pour l'unité nationale». Il accuse François Hollande de ne parler qu'à la gauche et de ne se préoccuper que d'un «rassemblement à trois têtes», avec la candidate écologiste, Eva Joly, et celui du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

«Nous aurons besoin de tout le monde»

«Moi, je parle au peuple de France, je m'adresserai à tous ceux, y compris à gauche, qui considèrent qu'il ne serait pas pertinent de faire le choix d'un candidat pris en otage par des alliés aussi encombrants», ajoute-t-il. «Je serai ouvert à l'endroit de tous ceux, y compris Dominique de Villepin, qui veulent participer au choix historique consistant à dire aux Français : pas de retour en arrière, poursuit-il. Je n'ai pas le droit de tenir compte d'oppositions politiques ou personnelles anciennes pour limiter ce rassemblement. Nous aurons besoin de tout le monde.»

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy dit refuser d'envisager avant le premier tour un rôle éventuel de François Bayrou -autre détracteur virulent de son action- dans un futur gouvernement. «Ceux de mes amis qui lui font des offres de service et prévoient des postes se trompent, prévient-il. Rien n'est à négocier ou à promettre avant que les Français aient fait leur choix. Nous verrons après le premier tour ce qu'il y a lieu de faire, et dans quelles conditions.»