Présidentielle: Hollande est-il l'otage de Mélenchon et de Joly?

POLITIQUE C'est ce qu'agite l'UMP, les relations sont pourtant au point mort entre les partis de gauche...

Matthieu Goar

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Vincennes le 15 avril 2012. Reunion publique meeting grand rassemblement populaire de Francois Hollande candidat PS a l'election presidentielle 2012 pour le Parti Socialiste.
Vincennes le 15 avril 2012. Reunion publique meeting grand rassemblement populaire de Francois Hollande candidat PS a l'election presidentielle 2012 pour le Parti Socialiste. — A. GELEBART / 20 MINUTES

L’attaque est récurrente. François Hollande serait l’otage d’Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon. Pris entre ces deux feux, il n’aura pas les mains libres pour gouverner en cas de victoire, menace l'UMP. Nicolas Sarkozy l’avait énoncé clairement dans son interview au JDD et Nathalie Kosciusko-Morizet l’a répété, lundi soir, sur France 2. «Le nucléaire ne doit pas être l’otage de considérations partisanes», a déclaré la porte-parole du candidat de l’UMP, se gaussant des «désaccords actés dans l’accord» entre le PS et EELV. Hollande sera-t-il inhibé par ses propres alliés?

En ce qui concerne, les écologistes, l’accord programmatique entre Europe écologie-les Verts et le PS ne semble jamais avoir eu autant de plomb dans l’aile. L’inquiétude d’Eva Joly en est la meilleure preuve. «Le président de la République nouvellement élu aurait tort de remettre en question les accords signés. Sur bien des sujets, l’écologie est la voix de la raison. Et on dit que M. Hollande est raisonnable…», a déclaré la candidate écologiste au Monde avant d’ajouter, pessimiste: «Cela m’inquiète. Je compte sur la pédagogie et nos conversations futures pour continuer à convaincre.»

Si l’accord législatif sera respecté (entre trente et quarante circonscriptions protégées pour EE-LV), François Hollande ne s’est jamais senti lié à l’accord programmatique qui avait été négocié en grande partie par l’entourage de Martine Aubry. D’autant plus si Joly réalise un faible score. Le candidat PS n’a ainsi pas l’intention de fermer 24 réacteurs nucléaires comme l’accord le prévoit, ni même de fermer la centrale de Fessenheim lors de sa première année de mandature mais plus tard. N’en déplaise à Joly et à Aubry, qui évoque encore un accord «d’une grande qualité sur le fond, plus qu’utile», cette base de programme commun est depuis longtemps caduque.

Relations gelées avec le Front de gauche

Le rassemblement ne se fera donc que sur le programme de Hollande «à prendre ou à laisser», comme le répète l’équipe du candidat. «Dans ce cas-là, on laisse», répond Jean-Luc Mélenchon. Ni le Parti de gauche, ni le parti communiste, qui composent le Front de gauche, n’ont négocié d’accords avec le PS. Depuis deux semaines, les échanges sont même gelés entre ces partis. «Nous n’avons plus de relation depuis 15 jours. Cela ne sert plus à rien. Tout ce qui donnerait l’impression que Jean-Luc Mélenchon négocie l’affaiblirait avant le premier tour. Pour nous, ça diminuerait l’impact de l’appel au vote utile», explique Claude Bartolone, chargé des relations extérieures au sein de l’équipe de campagne du PS.

Même l’hypothèse d’un accord législatif dans l’entre-deux tours n’est plus d’actualité. François Hollande n’a aucun intérêt à le faire puisqu’il considère que les voix de Mélenchon lui sont acquises. Par ailleurs, le PS estime que les choses sont réglées avec le PC. «Depuis deux ans, Jean-Luc Mélenchon dit lui-même qu’il ne souhaite pas de négociations pour les législatives. Nous avons retenu une règle avec le PCF: c’est de ne pas présenter de candidat unique PS/EE-LV contre des communistes sortants. Nous allons respecter cela. Ensuite, on verra bien, mais aujourd’hui, personne ne demande d’accord», explique Martine Aubry à 20 minutes. Reste que pour tous ces partis de gauche, peut-être obligés de composer une majorité plurielle en juin, les résultats du premier tour fixeront l’état des forces jusqu’aux législatives.

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