Présidentielle 2012: A l'UMP, on tweete pour mieux mobiliser

POLITIQUE Reportage au sein de la cellule web de la campagne de Nicolas Sarkozy…

Colin Folliot

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Le local de l'équipe de Nicolas Sarkozy, dans son QG de campagne.
Le local de l'équipe de Nicolas Sarkozy, dans son QG de campagne. — WITT / SIPA

Ils sont une douzaine, à quelques mètres à peine de l’accueil du QG de Nicolas Sarkozy. Ils sont en première ligne dans cette campagne et pourtant personne ne les voit, abrités derrière leurs ordinateurs. Depuis plusieurs mois, avant même la déclaration officielle de candidature du président de la République, ce sont eux qui gèrent toute la dimension web de la campagne.  A la baguette, Nicolas Princen, déjà conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Elysée et en charge des questions numériques dans le programme du candidat.

Le premier outil de la campagne sur internet, c’est Facebook. «700.000 internautes suivent quotidiennement nos mises à jour», se félicite Nicolas Princen. Il voit dans cet outil un «média qualitatif», car sur Facebook, on ne se contente pas de relayer, on aime, «ce n’est pas neutre». Le réseau social permet de construire le récit de la campagne de Nicolas Sarkozy et au-delà de son quinquennat, de sa vie politique et même, un peu, de sa vie personnelle. Pour raconter la campagne, l’équipe compte notamment deux personnes chargées de produire des vidéos.

«Twitter party» devant Des Paroles et des actes

Twitter, en revanche, n’est pas une priorité pour la cellule web: «On touche une audience assez faible », mais c’est un moyen d’atteindre des journalistes et cela permet également de toucher des sympathisants. «Twitter est un lieu de recrutement», explique Nicolas Princen. A l’UMP, pas de mobilisation générale au QG pour l’émission de Mots Croisés de lundi soir, contrairement à ce qui se fait chez François Hollande. «Nous ne sommes pas dans un logique de riposte», confie Nicolas Princen.

En revanche, pour le passage de Nicolas Sarkozy dans Des Paroles et des actes, la semaine dernière, deux cent militants étaient réunis afin de relayer l’émission dans une «twitter party» au siège de l’UMP, le QG de la rue de la Convention étant trop petit. Et ils étaient reliés aux militants des fédérations par visioconférence. Néanmoins, Nicolas Princen nuance l’importance de ce genre d’action. C’est plutôt «une façon de se rassembler,  un moment sympa pour nous». Et de préciser que regarder la télévision en commentant sur les réseaux sociaux n’est pas propre à la campagne, «c’est générationnel,  nous faisons pareil avec Top Chef».

Transformer des sympathisants online des militants offline

Au-delà de Facebook et Twitter, Nicolas Princen croît surtout dans un autre outil, moins médiatisé, mais plus précis, le mail. «Nous avons un fichier de 1,4 million d’adresses», confie-t-il. Cela permet de diffuser de nombreux contenus, pour défendre le bilan ou présenter le projet, d’alerter sur des événements, de mobiliser, etc. Cette diffusion est combinée à une utilisation nouvelle de l’open data - la mise à disposition du public de nombreuses statistiques publiques – qui permet «d’expliquer de manière ciblée les effets de la politique de Nicolas Sarkozy sur le local». Car beaucoup de ces adresses mails sont associées à un code postal. Cette démarche peut notamment fournir «un argumentaire utile» pour permettre aux sympathisants de défendre leur candidat auprès de leur entourage.

Car l’objectif principal de Nicolas Princen est paradoxalement de sortir du web. «On ne gagne pas une élection sur internet, reconnaît-il. Et si internet est un média, c’est aussi pour nous un puissant moyen de mobilisation et d’organisation». Une démarche de longue haleine: il faut d’abord identifier et atteindre des sympathisants via les réseaux sociaux et le mailing, les cibler et les encourager ensuite à s’engager concrètement dans la campagne, jusqu’à éteindre leurs ordinateurs. Faire de sympathisants online des militants offline.