Présidentielle: Sarkozy «n'a pas frayé avec Kadhafi» et nie avoir voulu lui vendre une centrale nucléaire

Avec Reuters

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Nicolas Sarkozy a catégoriquement nié mardi avoir voulu vendre une centrale nucléaire à la Libye de Mouammar Kadhafi et a qualifié de mensonge des déclarations de l'ancienne patronne d'Areva , Anne Lauvergeon, à ce sujet.

Cependant, les Etats français et libyen ont bien signé en décembre 2008, lors d'une visite d'Etat de Mouammar Kadhafi en France, un accord de coopération dans le nucléaire civil envisageant la fourniture de réacteurs, selon un document diffusé à l'époque par la présidence française,

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Le président sortant le conteste aujourd'hui. «Il n'a jamais été question de vendre une centrale à M. Kadhafi», a déclaré le président français, candidat à un second mandat, sur France Inter. «Permettez-moi de vous dire que s'il y a un chef d'Etat qui, dans le monde, n'a pas frayé avec M. Kadhafi et est responsable de son départ et de ce qui lui est arrivé, je pense peut être que c'est moi», a-t-il ajouté.

Après le début des insurrections arabes, début 2011, la France a été, à l'initiative de Nicolas Sarkozy, le fer de lance de l'intervention militaire internationale qui a aidé les insurgés libyens à renverser Mouammar Kadhafi et son régime. Le document signé en 2008 portait sur tout le spectre de la coopération, dont la fourniture «d'un ou plusieurs réacteurs pour le dessalement de l'eau de mer».

«Potentiellement, cela représente deux milliards d'euros de contrats minimum», précisait-on alors à l'Elysée.

Le porte-parole de la présidence française, David Martinon, faisait valoir que la Libye était «un client comme les autres» - «Nous souhaitons travailler avec les Libyens», disait-il.

«Un mensonge éhonté»

Dans une récente interview accordée à l'Express, Anne Lauvergeon a déclaré qu'elle était opposée «vigoureusement» à la vente d'équipements nucléaires à la Libye mais qu'il en avait été question au moins jusqu'à l'été 2010, un an avant la chute de Mouammar Kadhafi. «A l'été 2010, j'ai encore eu, à l'Elysée, une séance à ce sujet avec Claude Guéant et Henri Proglio», précisait-elle en mentionnant le secrétaire général de l'Elysée de l'époque et le PDG d'EDF.

Commentaire de Nicolas Sarkozy sur France Inter : «C'est un mensonge éhonté.» Le chef de l'Etat s'en est de nouveau pris vivement à l'ancienne présidente du directoire d'Areva, qu'il a décidé en juin dernier, de ne pas reconduire dans ses fonctions à l'issue de son mandat à la tête du groupe nucléaire français.

«Mme Lauvergeon, qui a tout fait pour rester à la tête d'Areva, tout, elle est venue me voir à d'innombrables reprises, si elle avait été en tel désaccord avec la politique que je conduisais pour le nucléaire, on se demande pourquoi elle voulait rester», a-t-il déclaré.

«Nous lui avons demandé de quitter son poste pour une raison très simple, c'est qu'elle était incapable de travailler en bonne harmonie avec EDF», a ajouté le chef de l'Etat.

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