Jacques Cheminade: «Mars dans trois générations»

PRÉSIDENTIELLE e candidat accorde une place capitale à l'espace...

Recueilli par Anne-Laëtitia Béraud et Alexandre Sulzer

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Cheminade veut faire de la Lune « une plateforme pour aller plus loin ».
Cheminade veut faire de la Lune « une plateforme pour aller plus loin ». — V. WARTNER / 20 MINUTES

Il est le moins connu des dix candidats. Jacques Cheminade, qui revendique l'influence de l'économiste américain controversé Lyndon LaRouche, répond à 20 Minutes.

Vous dénoncez l'«oligarchie financière». Qui la compose?

Ce sont des milieux qui, par famille, par origine, se sont regroupés dans l'histoire – et en particulier maintenant prenant cette forme de la City qui est la grande lessiveuse de l'argent du monde – pour donner la priorité à l'immédiateté du gain financier, à faire des profits par tous les moyens.

Pouvez-vous préciser quelles sont les familles et les origines auxquelles vous faites allusion?

C'est depuis les gens qui ont assassiné Socrate. Dans l'empire monétaire maritime existant en Grèce à cette époque, ce sont les gens qui avaient le trésor à l'île de Délos. Après, ça va à Venise, à Amsterdam, à Londres, puis à New York avec Wall Street.

Pensez-vous que vos rivaux sont inféodés à cette oligarchie?

Non, ils ne comprennent pas. Il y a chez eux une grande incompétence. Nicolas Sarkozy croit sincèrement qu'on est sorti du gros de la crise financière, François Hollande croit qu'il n'y aura pas d'attaque spéculative contre la France, alors qu'elle aura lieu le 7 mai.

Qui la mènera?

C'est clair, les intérêts de la City et les «hedge funds» ont un intérêt à lutter contre les Etats-nations. En cas d'attaque virulente contre l'emprunt français, qui constituerait un péril pour la Nation, j'appliquerai l'article 16 de la Constitution qui me donne les pleins pouvoirs. Le Parlement devrait alors fonctionner à temps plein et suivre ce que je fais. Il faudrait ensuite approuver par référendum ce qui a été fait.

Etes-vous «complotiste»?

Non, je ne le suis pas. Ce qui m'ennuie, c'est le manque de discernement de ceux qui formulent ce jugement. Certains ne veulent pas voir que, dans l'histoire, il y a des forces qui agissent à un certain moment pour préserver leurs intérêts.

Vos théories sur le 11 Septembre, selon lesquelles le gouvernement Bush est complice, sèment le doute…

Je n'ai jamais dit ça. Je me pose des questions, il y a des éléments troublants. Je pense que ces attentats n'auraient pas pu être commis sans que, quelque part dans le système des services occidentaux, quelqu'un ait au moins levé la garde.

Vous êtes pour le nucléaire, mais contre les «nucléocrates». Que voulez-vous dire?

Je suis pour le nucléaire de l'avenir. Les «nucléocrates» sont des gens qui ont une technologie et qui veulent en rester là pour en tirer les avantages, comme Henri Proglio [PDG d'EDF]. Il ne veut pas doper la technologie pour avancer vers l'EPR, la fusion thermonucléaire, le nucléaire de 4e génération.

Votre programme accorde une place capitale à l'espace. Quelles sont vos priorités?

A court terme, on doit faire Ariane V ME. L'exploration de Mars, c'est deux ou trois générations. L'industrialisation de la Lune, ça peut être fait plus vite. Il y a de l'hélium 3, très utile pour la fusion thermonucléaire contrôlée, et le titane. La raison fondamentale, c'est que la Lune peut devenir une plateforme pour aller plus loin le jour où l'on maîtrisera par exemple la matière antimatière.

Quels sont vos liens avec Lyndon LaRouche?

C'est un ami. Il disait dès 1974 que la société allait passer d'un horizon à long terme à un court terme financier et à une sous-culture de l'instant. La CIA et les services anglais ont fomenté cette sous-culture, une «musique couleur», une musique qui enflamme, qui excite. Tout cela parce que l'on voulait s'assurer qu'il n'y aurait pas de révoltes de jeunes organisées contre ce système.