A son meeting de la Concorde, Sarkozy tente de rebooster les troupes

POLITIQUE Le candidat UMP tient le rôle de l'outsider face aux sondages et aux élites...

Alexandre Sulzer

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MEETING NICOLAS SARKOZY A LA CONCORDE
MEETING NICOLAS SARKOZY A LA CONCORDE — V. WARTNER / 20 MINUTES

De notre envoyé spécial place de la Concorde

Le souffle de l’histoire a souvent balayé la place de la Concorde. En 1793, le peuple y était venu voir la tête du roi coupée. C’est à ce même peuple, dont il se dit le candidat, que Nicolas Sarkozy s’est adressé ce dimanche en ce lieu prestigieux. Un meeting en plein air qui a pris des allures de SOS à une semaine tout juste du premier tour de l’élection. Une démonstration de force -l’UMP revendique 100.000 participants- qui doit permettre de ressouder les troupes de sympathisants, décontenancés par les derniers sondages.

«Ils pensaient que vous ne viendriez pas, ils pensaient, peut-être même espéraient-ils, que le peuple de France ne serait pas au rendez-vous», attaque d’entrée le candidat-président, dans un discours qui débute avec une demi-heure d’avance. Façon de voler la vedette à François Hollande, en meeting au même moment à Vincennes. «Ils»? Les corps intermédiaires, les élites dont Nicolas Sarkozy se veut le premier pourfendeur. Pas de nouvelles propositions mais un appel lyrique à la mobilisation générale.

Des militants inquiets

Quelques minutes plus tôt, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé a lancé: «de l’autre côté de la Seine, à Saint-Germain-des-Prés, on nous disait que tout était joué. On nous demandait de regarder la gauche gagner, sans rien dire.» Mais de ce côté-ci de la Seine, dans la foule, les pronostics ne semblent pas différer. «Je suis assez inquiet», lâche Christophe, le gérant d’un garage dans les Vosges. Chez lui, le discours sur les corps intermédiaires semble prendre.

«Ca me dégoûte quand je vois la presse. Si jamais Sarkozy était réélu, j’espère qu’il règlera ses comptes avec les journalistes.» Mais le soucis du moment est ailleurs: «je m’apprête à licencier mes trois employés. J’ai pas envie de payer des charges pour assouvir les besoins de Hollande. Je réembaucherai au black.»  Estelle, étudiante parisienne, estime que «Sarkozy est un bon orateur mais Hollande sait parler un minimum. Est-ce que le discours de la Concorde suffira? Je suis un peu inquiète.» Et de s’engouffrer dans le métro. Il fait froid, le vent balaie la place, vidée en un instant.