Au meeting de Vincennes, les militants jugent François Hollande

POLITIQUE Et pensent parfois à Mélenchon...

Matthieu Goar

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Des supporters de François Hollande à Vincennes, le 14 avril 2012.
Des supporters de François Hollande à Vincennes, le 14 avril 2012. — M. BUREAU / AFP

De notre envoyé spécial à Vincennes

Ambiance doudounes, bonnet et parfois moufles. A une semaine du premier tour et dans le vend froid de cette mi-avril, le peuple socialiste s’est déplacé en nombre pour venir voir François Hollande, dimanche, dans le Parc du Château de Vincennes. Le PS espérait réunir 50.000 partisans, il annonce en avoir fait se déplacer plus de 100.000. Impossible de vérifier ce comptage. Mais des centaines de drapeaux français et du PS animent l’assistance plutôt bruyante.

Parmi cette foule, Robin, un SDF arrivé de Montpellier, jeudi, pour sentir l’ambiance politique de la capitale. «J’avais envie de voter Mélenchon. Mais j’ai très peur de voir Marine Le Pen au second tour. Après si les sondages annoncent qu’il n’y a aucun risque, je me laisserai peut-être tenter», affirme ce quinquagénaire qui redescendra à Montpellier en fin de semaine pour effectuer son devoir de citoyen. «Humaniste parfois désabusé », l’homme milite pour une 5e République des «sans-cravates». «Je connais tellement de politiques en cravates qui se proclament du peuple», sourit-il en exhibant un extrait de presse de Mélenchon en costume.

Faire découvrir la politique aux enfants

Dans les rangs, de nombreux enfants venus avec leur parents. «Je voulais aussi lui faire découvrir un peu l’ambiance de la politique», explique Mederic en rangeant ses drapeaux devant son fils. «De toute façon, je sais déjà pour qui je vais voter, ce sera Philippe Poutou et blanc au deuxième tour», explique ce père de famille qui ne pense pas que les politiques puissent changer quelque chose au monde de la finance.

D’autres spectateurs se laissent par contre convaincre pas le vote François Hollande. «Dans son programme, je trouve ça intéressant son idée de créer 60.000 postes dans l’Education nationale ou encore le fait de vouloir mieux contrôler les banques. En 1981, on affirmait que Mitterrand ne pourrait rien faire et il a quand même fait avancer les choses», détaille Patrick moins enthousiaste sur le discours. «C’est un peu gentillet», glisse-t-il avant de demander: «Vous savez si Mélenchon organise un dernier meeting à Paris avant le premier tour?»

Un peu plus loin, Bernard ne tergiverse pas. «Je voterai pour lui dès le premier tour. Je vote socialiste depuis toujours. Et je me souviens encore de Giscard battant d’un cheveu Mitterrand en 1974. Hollande est capable d’instiller un rapport de forces avec la finance», espère-t-il. Pour cela, il faudra accéder à l’Elysée.