Présidentielle: Wall Street envisage sans état d'âme une victoire de François Hollande

ÉCONOMIE ur le marché boursier américain, la source d'incertitude est réelle mais mineure...

avec AFP

— 

Wall Street envisage sans état d'âme une éventuelle victoire du socialiste François Hollande à l'approche du scrutin présidentiel français, y voyant une source d'incertitude réelle mais mineure.
Wall Street envisage sans état d'âme une éventuelle victoire du socialiste François Hollande à l'approche du scrutin présidentiel français, y voyant une source d'incertitude réelle mais mineure. — Timothy A. Clary afp.com

Wall Street envisage sans état d'âme une éventuelle victoire du socialiste François Hollande à l'approche du scrutin présidentiel français, y voyant une source d'incertitude réelle mais mineure.

Le Premier ministre français François Fillon a affirmé à deux reprises récemment que la France serait «la proie des marchés» en cas de succès de François Hollande, stigmatisant le «laxisme budgétaire» du programme socialiste. Alors que «le consensus à Wall Street est que (le président sortant Nicolas Sarkozy) n'a plus vraiment de chances de l'emporter, au vu des sondages», selon Peter Cecchini, stratège de la maison de courtage Cantor Fitzgerald, rares sont les analystes anticipant un effondrement du marché en cas de victoire de François Hollande.

Wall Street a aujourd'hui moins peur du candidat socialiste

Pour Peter Cecchini, qui confiait encore fin mars ses craintes qu'une victoire éventuelle de François Hollande «fasse trembler» les marchés, Wall Street a aujourd'hui moins peur du candidat socialiste, mais la grande inconnue reste l'impact de cette élection sur la situation économique et politique en zone euro.

«Actuellement, Wall Street ne perçoit l'Europe qu'à travers le prisme de la crise de la dette souveraine», indique Chris Low, de FTN Financial. Et si François Hollande peut éventuellement éveiller des craintes, «c'est parce que la France est absolument essentielle à toute réforme budgétaire» en Europe et que tout changement à sa tête est une source d'instabilité potentielle, souligne-t-il.

Pas de signes d'inquiétude

L'intention affichée par le candidat socialiste de «renégocier le pacte de stabilité budgétaire européenne ou de faire jouer un rôle plus actif à la Banque centrale européenne (BCE) dans le but de soulager la crise dans la zone euro, tout cela fait peur, ce qui pourrait s'avérer négatif pour l'euro», fait valoir Ray Attrill, cambiste chez BNP Paribas Americas.

«Mais la demande en bons du Trésor français est restée relativement forte ces deux derniers mois. Il n'existe donc pas vraiment de signe tangible sur le marché prouvant que les investisseurs» s'alarment de l'issue de l'élection française, ajoute-t-il.

«Wall Street déteste l'incertitude»

Au final, davantage que la perspective de l'élection d'un socialiste à la tête de la France, «Wall Street déteste l'incertitude», souligne Peter Cecchini. «Qu'on l'apprécie ou non, les gens savent qui est (Nicolas) Sarkozy, ses positions, ses opinions, et je pense qu'un personnage moins connu effraie». C'est pourquoi, selon Gregori Volokhine, stratège du cabinet de gestion Meeschaert New York, la relative indifférence de Wall Street à l'égard du scrutin risque de se dissiper à l'issue du premier tour, le 22 avril.

Une brève période de flottement entre les deux tours, au cours de laquelle les anxiétés sur l'avenir du pacte de stabilité budgétaire en zone euro pourraient revenir au premier plan, serait en effet susceptible d'avoir une influence baissière sur les places boursières et l'euro.

Peu de mouvements sont à attendre à plus long terme

L'attention va alors revenir sur «la situation politique en France car les marchés (...) qui n'ont aucune pitié en ce moment pour toute faiblesse au niveau économique (...) vont profiter de la période d'incertitude» qui prévaudra nécessairement entre les deux tours pour spéculer, explique Gregori Volokhine.

Au-delà de ces réactions instantanées, peu de mouvements sont à attendre à plus long terme, selon les analystes, pour qui le nouveau candidat élu ne disposera de toute façon que d'une marge d'action limitée pour changer de cap. «Les discours prononcés pendant la campagne, perçus comme étant hostiles à l'euro, hostiles à l'austérité budgétaire, vont disparaître très rapidement après l'élection car les circonstances dicteront à la gauche jusqu'où elle peut aller, et cela risque de ne pas être très loin», observe David Gilmore, économiste chez Foreign Exchange Analytics.