Nicolas Sarkozy replonge en banlieue

Maud Pierron avec Anne-Laëtitia Beraud

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Nicolas Sarkozy, lors d'un déplacement à Drancy, le 10 avril 2012.
Nicolas Sarkozy, lors d'un déplacement à Drancy, le 10 avril 2012. — THOMAS SAMSON / AFP

Place à la banlieue pour Nicolas Sarkozy. Lundi il était à Drancy pour une visite surprise et ce jeudi, le candidat-président ira dans le Val d’Oise, à Domont et Saint-Brice-sous-Forêt, pour un déplacement sur le thème du sport. Si Nicolas Sarkozy s’était déjà rendu dans des quartiers sensibles de Meaux et Valenciennes, il n’avait pas encore insisté sur ces territoires sensibles.

Une réponse au marathon en banlieue de François Hollande le week-end dernier à dix jours du premier tour? Absolument pas, réfute-t-on dans l’entourage du candidat. «Je ne crois pas que mon rôle, c’était d’arpenter les trottoirs en banlieue», avait rétorqué Nicolas Sarkozy après sa rencontre avec des responsables religieux, tançant le manque d’idées de son rival sur le sujet. Hollande, lui, raille la difficulté du candidat-président à se rendre en banlieue, s'appuyant sur l'annonce à la dernière minute lundi de son déplacement en Seine-Saint-Denis.

«Nicolas Sarkozy n’est pas dans le tourisme électoral»

«Contrairement à Hollande Nicolas Sarkozy n’est pas dans le tourisme électoral, ni dans le misérabilisme ou la stigmatisation des banlieues, assure Camille Bedin, secrétaire national de l’UMP à l’égalité des chances. La banlieue n’a jamais été oubliée par Nicolas Sarkozy». Et la banlieue n’a pas forcément oublié Nicolas Sarkozy, époque ministre de l’Intérieur, qui voulait «nettoyer les cités au Kärcher», ce que les socialistes ne se privent pas de rappeler. «Nicolas Sarkozy ne stigmatise pas. Ce n’est pas stigmatiser que de dire qu’il y a des racailles en bas des tours et que nous sommes contre la dépénalisation du cannabis», explique Camille Bedin, fustigeant cette gauche «bobo, méprisante, enfermée à Solferino».

Elle met au contraire en avant le plan national de rénovation urbaine mis en place par le Président tout au long de son mandat qui a abouti notamment à la création de 300 nouvelles écoles. Et le chômage qui touche plus particulièrement les banlieues? «Quand le chômage monte globalement, c’est logique que le chômage dans les banlieues augmente. Mais on n’a pas eu d’émeutes, contrairement à la Grande-Bretagne», vante la secrétaire nationale.