Pécresse accuse Lauvergeon de régler ses comptes

Avec Reuters

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Le gouvernement français a accusé mercredi l'ancienne présidente du directoire d'Areva Anne Lauvergeon de «régler ses comptes» et de «faire campagne» en accusant Nicolas Sarkozy d'errements dans la gestion de la filière nucléaire française.

Un réacteur nucléaire pour Kadhafi?

Dans une interview accordée à l'Express en prélude à la publication d'un livre, «Atomic Anne», que Nicolas Sarkozy a décidé en juin 2011 de ne pas reconduire dans ses fonctions, laisse notamment entendre que le président français a envisagé de vendre un réacteur nucléaire à la Libye de Mouammar Kadhafi au moins jusqu'à l'été 2010, un an avant le renversement du dirigeant libyen, une «folie» selon elle.

L'ancienne collaboratrice du président socialiste François Mitterrand estime aussi que l'actuel chef de l'Etat, candidat à un second mandat, a commis «cinq erreurs graves» dans sa gestion de la filière nucléaire française, dont la nomination d'Henri Proglio à la tête d'EDF.

«Ministrable»

«Je crois que Mme Lauvergeon règle clairement des comptes avec le gouvernement et qu'elle fait campagne, aujourd'hui», a déclaré Valérie Pécresse lors du compte rendu du conseil des ministres. «Je le regrette.» Anne Lauvergeon est citée par des sources du PS comme une possible «ministrable» dans le gouvernement de François Hollande s'il est élu.

A propos du projet de coopération dans le domaine du nucléaire avec la Libye, auquel Anne Lauvergeon dit s'être catégoriquement opposée, la porte-parole UMP du gouvernement parle de «fiction». «Je n'imagine pas un seul instant que le scénario de fiction qu'elle décrit ait pu se produire parce que je n'imagine pas un seul instant qu'elle ait pu participer à une décision contre laquelle elle aurait été», a dit Valérie Pécresse. «Elle aurait dû démissionner si elle avait été contre. Elle ne l'a pas fait donc tout ça c'est de la fiction.»