Présidentielle: Des grands oraux mais pas de débats

POLITIQUE France 2 organise deux soirées politiques où les dix candidats répondront aux journalistes

Matthieu Goar

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Nicolas Sarkozy sur le plateau de «Des paroles et des actes», le 6 mars 2012.
Nicolas Sarkozy sur le plateau de «Des paroles et des actes», le 6 mars 2012. — AFP

Chacun son grand oral. Mercredi soir, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande, Eva Joly, Marine Le Pen et Philippe Poutou répondront dans cet ordre aux questions des journalistes de l’émission spéciale «Des paroles et des actes». Ils auront chacun droit à 20 minutes de temps de parole. Jeudi, les cinq autres candidats auront droit au même dispositif. A aucun moment, les candidats ne débattront entre eux. Ce que critiquent certains candidats et leur entourage. «Ce n’est pas un détail, c’est un pur scandale, explique Yann Wehrling, porte-parole de François Bayrou. Le service public est pris en otage parce que deux candidats ne veulent pas débattre. Ils auraient pu quand même organiser ce débat en précisant que Sarkozy n’a pas voulu s’y soumettre et le CSA faire une exception pour France Télévisions.»

>> Les deux émissions seront à suivre et à commenter sur 20minutes.fr

«Mieux que rien»

D’autres relativisent. « Je pense que c’est mieux que rien. Quand il y a des bons moments à prendre, il faut en profiter », savoure Nicolas Dupont-Aignan qui avait écrit une lettre aux autres candidats pour que ce débat ait lieu et qui compte profiter à fond de son grand oral : « Ils vont voir ce qu’ils vont voir. »

France 2 s’est battue depuis des semaines pour organiser un débat entre tous les candidats, ce qui aurait été inédit dans l’histoire de la Ve République. Mais la chaîne publique s’est heurtée à la résistance de Nicolas Sarkozy et de François Hollande qui n’avaient aucune envie de débattre avec les autres candidats. D’où le choix par défaut de grands oraux. Les journalistes ont ensuite décidé de la répartition et de l’ordre de passage sans éprouver de difficultés. Aucun candidat n’a exigé de connaître les thèmes des questions. « A partir du moment où on a choisi cette forme de débat, l’émission a été très simple à organiser », résume Gilles Bornstein, rédacteur en chef de l’émission qui regrette le manque de « confrontation » mais défend sa chaîne: «Je suis assez fier d’appartenir à un groupe qui bouleverse ses programmes pour organiser deux soirées politiques comme cela. Je ne suis pas sûr que d’autres l’auraient fait.»