Petit florilège des attaques de Sarkozy contre Hollande

PRÉSIDENTIELLE icolas Sarkozy a rôdé ses attaques contre son principal rival François Hollande...

Maud Pierron

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Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son projet le 5 avril à Paris.
Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son projet le 5 avril à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

François Hollande le confie volontiers en privé: pour l’éventuel débat d’entre-deux tours, il sait à quoi s’en tenir avec Nicolas Sarkozy tant le président-candidat martèle les mêmes attaques de meeting en interview et autres conférences de presse. 20 Minutes en fait un relevé non exhaustif.

Le double discours supposé de François Hollande
«Quand on dit à la presse anglaise qu’on est libéral alors qu’on dit aux Français que l’ennemi c’est la finance, on ment!». Nicolas Sarkozy tape fort lors de son premier meeting à Annecy le 16 février. Il fait là référence à l’interview accordée par le socialiste au Guardian pour rassurer la City après avoir déclaré au Bourget que son seul ennemi, «c’est la finance».

Sur le nucléaire et l’accord avec EELV
«Et le peuple, là-dedans? Et les ouvriers de Fessenheim, sur le tapis de la négociation pour quelques postes, pour quelques places, pour quelques prébendes?». Attaque bien placée de Nicolas Sarkozy, toujours lors de son premier meeting à Annecy le 16 février. Décliné ensuite au fil de divers déplacements. «Ces ouvriers m’ont dit: monsieur le président, ils nous ont vendus pour quelques places», a expliqué Nicolas Sarkozy

Sur la gauche caviar
«La rémunération de ce grand patron [Maurice Lévy] est effectivement choquante mais ce qui est encore plus choquant, M. Hollande, c'est que les actionnaires qui ont décidé de (cette) rémunération, ce sont vos amis. La gauche caviar, la gauche bobo, la gauche qui aime donner des leçons de morale, et qui n'a aucune leçon à donner, c'est celle-là.» A Nîmes le 29 mars, Nicolas Sarkozy rend coup pour coup à Hollande qui fustigeait au même moment la rémunération de 16 millions d’euros octroyée au patron de Publicis, entreprise où Elisabeth Badinter est au Conseil d’administration.

Sur la corruption supposée au PS
«Vous demanderez à François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste pendant dix ans, pourquoi il a laissé se développer dans la fédération des Bouches-du-Rhône un système mafieux. Je ne suis pas le seul a avoir un bilan». Réponse de Nicolas Sarkozy aux attaques de Hollande sur l’affaire Bettencourt, le 6 avril sur RTL.

L’attaque supposée contre les classes moyennes
Lors d’un petit-déjeuner avec des députés UMP, il avait expliqué que Hollande se livrait à «une attaque sans précédent contre les classes moyennes» avec son projet fiscal.Dans l’interview au JDD parue ce week-end il explique encore: «Nous avons une différence fondamentale, il veut moins de riches, je veux moins de pauvres. Mais regardons de près ses propositions. La suppression du quotient familial, cela pénalise qui? Les classes moyennes. Le rétablissement de l’impôt sur les successions moyennes et petites, cela pénalise qui? Les classes moyennes. La suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, cela pénalise qui? Neuf millions de salariés», explique-t-il.

Des propositions supposées ridicules
«Et voilà que M. Hollande a trouvé une idée fantastique pour supprimer le racisme: supprimons le mot "race". Et comme c'est un homme qui a de la suite dans les idées, pour supprimer les injustices, il dit: "supprimons le mot zone". Mais il manque d'ambition. Pendant qu'on y est, on devrait supprimer le mot pauvre. Et pour résoudre le problème du chômage, supprimer le mot chômeur. On serait tranquille!», raille-t-il le 30 mars à Besançon, en référence à la proposition de Hollande de supprimer le mot race de la Constitution.

Sur le droit de vote des étrangers
«Donner le droit de vote aux étrangers, séparer le droit de vote de la citoyenneté, de la nationalité, c'est porter atteinte à la République. C'est ouvrir la voie au vote communautaire. C'est mettre les maires sous la menace du chantage communautaire», critique le chef de l’Etat à Bordeaux le 3 mars.