Nicolas Sarkozy prêt à faire deux débats dans l'entre-deux tours

PRESIDENTIELLE Il propose également une nouvelle mesure dans une interview au «JDD»...

Matthieu Goar

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Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son projet pour la France à Paris, le 5 avril 2012.
Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son projet pour la France à Paris, le 5 avril 2012. — WITT/SIPA

Il affiche une confiance sans faille et attaque à tout-va. Dans une interview publiée dans le JDD ce dimanche, Nicolas Sarkozy y croit. «Pour ma part, je dirais même que la mobilisation est plus forte que ce que j’ai connu lors de la précédente campagne. Je sens monter la vague», déclare-t-il avant de décrire un Hollande qui «ne parle qu’à la gauche» et de revenir sur le sens de sa campagne. «La conception qui est la mienne de l’ouverture me fait un devoir de parler à tous les Français, notamment à cette majorité silencieuse qui a si peu la parole en temps normal et qui a souvent l’impression de ne pas être entendue.»

Rejetant l’idée d’un débat entre les 10 candidats avant le premier tour («On ne peut participer à la finale quand on n’a pas gagné la demi-finale, c’est la règle du sport!»), Sarkozy avance l’idée d’en faire deux dans l’entre-deux tours. «Si les Français me choisissent, je participerai évidemment au débat. C’est un moment solennel qui fait toujours ressortir la vérité des personnalités et des projets. Si chacun en était d’accord, je serais même prêt à participer à deux débats», explique-t-il.

Attaques, attaques et attaques

Mais c’est pour François Hollande que le candidat-président réserve ses phrases les plus dures. Il décrit le candidat socialiste en homme dépensier qui fera remonter les taux d’intérêt auxquels la France emprunte. Il évoque également un Hollande «otage» et ambigu. «François Hollande est aujourd’hui l’otage de M. Mélenchon après avoir été celui d’Eva Joly et des factions du Parti socialiste», croit-il. «M. Hollande, c’est j’imite François Mitterrand le matin et j’en appelle à l’antisarkozysme le soir. Le problème, c’est que l’antisarkozysme, ce n’était pas ce qu’il croyait et n’est pas François Mitterrand qui veut», affirme Nicolas Sarkozy.

Jean-Luc Mélenchon a déclaré qu’il ne se sentait pas de la «même France» que Sarkozy. Le président-candidat réplique. «C’est toujours la même chose avec la gauche, il y a les bons Français et les autres. […] Ils s’arrogent le droit de donner des leçons à tout le monde. Pour moi, il n’y a qu’une France, celle qui vient des profondeurs de notre histoire, qui a toujours su surmonter les épreuves et qui doit être aux premières places du nouveau monde», analyse Sarkozy qui se pose en rassembleur tout en dénonçant ses opposants.

Ainsi, les critiques de Hollande sur le financement de la camapgne de l'UMP en 2007 n'ont pas beaucoup plus au président sortant. «Je ne recevrai pas de leçon de celui qui a été premier secrétaire du PS pendant dix ans, et qui devra rendre des comptes sur le fait que ses trois principales fédérations aient maille à partir avec la justice, dans l’Hérault, le Pas-de-Calais et les Bouches-du-Rhône. À ma connaissance, l’UMP n’a affaire avec la justice sur aucun sujet. Je rappelle que le PS voulait se rassembler avec enthousiasme derrière Dominique Strauss-Kahn. En matière de morale publique, je les invite à une certaine discrétion», conclut Sarkozy. Les deux dernières semaines de campagne promettent d’être agitées.

Une nouvelle réforme

Dans cette interview au JDD, Nicolas Sarkozy propose une nouvelle mesure qu’il n’avait pas dévoilée lors de son programme, jeudi. Le candidat-président voudrait faire passer le permis de conduire à l’école. «De même que tous les enfants apprennent à nager à l’école parce que cela fait partie des apprentissages élémentaires, les auto-écoles viendront dans tous les lycées apprendre le code aux jeunes et l’examen sera organisé dans tous les établissements», explique Sarkozy.