De Trappes à Aulnay, Hollande «marathon man» de la banlieue

VIDEO Trois départements, cinq villes pour mobiliser les quartiers et lutter contre l'abstention...

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De Trappes, dans les Yvelines, à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, François Hollande a poursuivi samedi son marathon en banlieue -trois départements, cinq villes- pour mobiliser les quartiers et lutter contre l'abstention.
De Trappes, dans les Yvelines, à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, François Hollande a poursuivi samedi son marathon en banlieue -trois départements, cinq villes- pour mobiliser les quartiers et lutter contre l'abstention. — Fred Dufour afp.com

De Trappes, dans les Yvelines, à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, François Hollande a poursuivi samedi son marathon en banlieue -trois départements, cinq villes- pour mobiliser les quartiers et lutter contre l'abstention.

 

9H00. Trappes, ZI La Gâtine. Temps frisquet. Devant le «Promopole», pépinière d'entreprises, élus et sympathisants battent le pavé en attendant le candidat socialiste qui arrive du marché voisin. Il a préféré rencontrer chalands et commerçants sans médias. Benoît Hamon, porte-parole du PS et candidat aux législatives à Trappes, explique aux journalistes dépités qui l'ont attendu deux heures durant: «Il voulait avoir le contact le plus simple, sans vous».

Le vrai combat, c'est l'abstention

Deux journées banlieue après Vaulx-en-Velin (Rhône) et Creil (Oise). Thomas Hollande, fils de François, venu en bus avec la presse, confie: «C'est un moment important de la campagne. Le vrai combat, c'est l'abstention».

Avant de rencontrer des associatifs, Hollande fustige devant la presse Nicolas Sarkozy. Le «candidat sortant» a prédit un marasme comparable à l'Espagne en cas de gestion socialiste. Avec «une augmentation de 30% de la dette publique, la meilleure attitude pour celui qui en a été le responsable, ce serait de se taire», lance-t-il. Il assène: «Mauvaise manière».

09h45. Hollande sort. «Hollande président, Inch Allah!», lance un jeune. Une dame maghrébine, cabas à la main : «Sarkozy nous attaque partout, Hollande, il attaque pas les Arabes».

10H30, à 26 km. Les Ulis (Essonne), quartier de Courdimanche, centre commercial «de proximité», boucherie halal, kebab. Devant le coiffeur Foli'z, «spécialiste du cheveu crépu», la foule se densifie. Hollande avance, escorté d'une dizaine de perches. Les «François président!» fusent, des jeunes hurlent, grimpent sur les réverbères.

Hommage aux femmes

10H40: Il entre dans la Maison pour tous, toit pyramidal, architecture des années 80. Murs couverts d'affiches du candidat. Boubous et femmes voilées. Une douzaine de femmes de la diversité l'attend pour une table ronde.

Maud Olivier, maire PS des Ulis, commence : «Tu nous donnes un signe très fort. Tu es dans un territoire où les attentes sont immenses».

«Les femmes jouent un rôle déterminant. Ce sont elles qui se battent (...) Je veux leur rendre hommage», répond Hollande, la voix éraillée. Plusieurs femmes prennent la parole: Emploi, grossesses précoces, «viol conjugal», égalité homme-femme, déscolarisation. «Aucun jeune ne doit être laissé à lui-même», réaffirme-t-il.

Il redit ses propositions. «Plus un seul centime de l'Etat quand les partis ne respectent pas la parité». Applaudissements. Les femmes se retrouveront "dans des fonctions éminentes de l'administration et pas uniquement dans les ministères sociaux». Nouveaux applaudissements.

12H00. Il ressort tout sourire. Haie serrée des caméras.

Certains échanges non médiatisés

Direction Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). François Hollande évoque devant la presse «ces jeunes enfants» morts «dans des conditions atroces», ces «émeutes de l'automne 2005» aux «plaies pas encore apaisées. Ne pensons pas que le calme apparent qui règne soit le reflet d'une situation qui aurait trouvé sa solution».

Nouveau bain de foule, un jeune Noir, casquette sur la tête, crie : «Merci, merci!»

13H00. A 47km. Clichy-sous-Bois. Maison de la Jeunesse : déjeuner avec une quinzaine d'associations (AC le feu, SOS racisme, Stop la violence, Maison des potes, Zy va...). Il passe de l'une à l'autre des huit tables. Sans médias. Les associations préféraient «une parole libre».

16H10. Seine-Saint-Denis. Aubervilliers. Centre Henri Rosser. Rencontre avec des professionnels de santé.

Dernière étape: Aulnay-sous-Bois meeting à 18H15.