Présidentielle: Hollande fustige Sarkozy pour ses déclarations sur l'Espagne

POLEMIQUE Le président-candidat a promis, vendredi à Caen, une situation comparable à celle de la Grèce et de l'Espagne en cas de victoire du candidat socialiste...

avec AFP

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François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a fustigé samedi à Trappes Nicolas Sarkozy qui avait évoqué jeudi les risques d'une gestion socialiste de la France en prédisant une situation comparable à celle de l'Espagne.
François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a fustigé samedi à Trappes Nicolas Sarkozy qui avait évoqué jeudi les risques d'une gestion socialiste de la France en prédisant une situation comparable à celle de l'Espagne. — Kenzo Tribouillard afp.com

François Hollande, candidat du Parti socialiste à la présidentielle, a fustigé samedi à Trappes Nicolas Sarkozy qui avait évoqué vendredi les risques d'une gestion socialiste de la France en prédisant une situation comparable à celle de l'Espagne.

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«C'est le candidat sortant qui fait des comparaisons avec des pays étrangers en laissant penser que si nous arrivions aux responsabilités du pays, la France serait l'Espagne», a-t-il déclaré à la presse, en arrivant à Trappes. «J'ai vu que le gouvernement espagnol réagissait comme si c'était un chiffon rouge qui était agité. Bel exemple de solidarité européenne qu'a donné une nouvelle fois le candidat sortant!», s'est exclamé François Hollande.

«Au nom de quelle gestion vient-il donner quelque leçon que ce soit? C'est lui qui a augmenté la dette de 600 milliards d'euros, qui a creusé les déficits qui laissent un pays perclus de déséquilibres multiples: déséquilibre de la balance commerciale - 70 milliards d'euros, de découverts de l'Unedic 15 milliards d'euros, déficit de la Sécurité sociale, de l'Assurance maladie, 10 milliards d'euros , et il viendrait, là, dire un risque pour le pays s'il y avait l'alternance?», a demandé le député de Corrèze. «Le risque, ce serait de poursuivre la même politique», a-t-il ajouté.

 «Ca ne se fait pas quand on est chef de l'Etat»

«Quand il y a une augmentation de 30% de la dette publique, la meilleure attitude pour celui qui en a été le responsable, ce serait de se taire», a affirmé François Hollande.

«Je ne vais pas me mêler des affaires entre la France et l'Espagne, mais enfin c'est une mauvaise manière! Ca ne se fait pas quand on est chef de l'Etat. Moi, comme candidat, j'ai du respect. Je ne vais pas dire que Nicolas Sarkozy a mis le pays dans la même situation que certains de nos voisins», a-t-il poursuivi. «Qui a perdu le triple A? C'est la France avec Nicolas Sarkozy à sa tête», a-t-il rappelé.

«Quand on a été dégradé, on ne vient pas remettre des médailles de gestion aux uns et aux autres ou des mauvaises notes à ses concurrents. On doit d'abord traiter ses propres échecs», a encore estimé François Hollande. «C'est la méthode de Nicolas Sarkozy: plutôt que battre sa coulpe, on va toujours chercher celle des autres», a-t-il ajouté.

«Un non-sens» pour le ministre de l'Economie espagnol

Jeudi, en présentant sa lettre aux Français et son programme, le président candidat UMP avait déjà souligné la situation de l'Espagne, «ce grand pays» qui est «aujourd'hui emporté dans une crise de confiance», pour justifier l'objectif «absolument impératif» du retour à l'équilibre des finances publiques en 2016.

Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, avait répliqué le lendemain, en estimant que le parallèle établi par le président français entre les politiques économiques de l'Espagne et de la Grèce était «un non-sens», et qu'il s'agissait de propos de campagne électorale.

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