Boussole Présidentielle: Nicolas Sarkozy doit reconquérir ses anciens électeurs de 2007

POLITIQUE Ce sont les enseignements de l'outil mis au point par le Cevipof, auquel participent les internautes de «20Minutes»...

Maud Pierron

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Des jeunes fêtent la victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007, place de la Concorde à Paris.
Des jeunes fêtent la victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007, place de la Concorde à Paris. — P. KOVARIK / AFP

Et si on faisait le bilan cinq ans après? Quel est le jugement des électeurs ayant voté Nicolas Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle de 2007 sur le candidat-président? Plutôt mitigé, d’après les résultats de La Boussole présidentielle 2012, un outil  mis au point par le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) en partenariat avec 20 Minutes, Ouest France, 2012etvous.fr, site de RTL, M6 et MSN Actualités. Sur les 190.000 personnes qui ont répondu au questionnaire très précis, 16.000 se sont déclarées comme ayant voté pour le chef de l’Etat au second tour de la dernière présidentielle. Il faut préciser que cet échantillon n’est pas représentatif de la population française, il est plutôt plus jeune et plus diplômé.

Pas de mystère: en termes d’image, Nicolas Sarkozy s’en tire beaucoup mieux chez ses anciens électeurs que dans l’ensemble des utilisateurs. Les sarkozystes de second tour sont  53% à estimer qu’il comprend bien leur problème (contre 24% pour l’ensemble des utilisateurs), 65% qu’il est compétent (contre 37%) et 68% qu’il a l’étoffe d’un président (contre 40%).  Et parmi les mesures de Nicolas Sarkozy les plus populaires, on trouve la défiscalisation des heures supplémentaires. 62% des électeurs de Sarkozy en 2007 soutiennent cette mesure. Quasiment le taux d’approbation de l’ensemble des questionnés, à 57%.

Clivage sur les retraites et les fonctionnaires

Une autre mesure fait consensus dans l’ensemble des réponses: la lutte contre le téléchargement illégal. A la question: «le téléchargement illégal doit-il être plus sévèrement puni», 15% seulement des internautes répondent par l’affirmative. Une proportion qui double parmi les sarkozystes de 2007, mais reste à une niveau très faible, à 31%. Même unanimité sur le pouvoir de nomination par le président des responsables de l’audiovisuel public. Une écrasante majorité y est opposée, à 84%. Et même chez les anciens électeurs de Sarkozy, le rejet de la mesure est important, à 73%. «On note une forte opposition à toute mesure qui restreindrait la liberté des médias, l’indépendance. C’est un des effets de la forte proportion de jeunes diplômés qui ont répondu à la Boussole», note Anne Jadot, maître de conférence au Cevipof.

Si, globalement, le vote des électeurs de Nicolas Sarkozy suit celui de la majorité des interrogés, il y a divergence sur le thème des fonctionnaires. A la question: «faut-il recruter plus de fonctionnaires pour améliorer les services publics?», 36% des personnes qui ont répondu répondent par la négative. Un chiffre qui bondit à 64% pour les anciens électeurs du président-candidat. «Les fonctionnaires, c’est un marqueur très clivant» entre gauche et droite, dit la chercheuse. Autre sujet qui fait débat: la retraite. A la question «faut-il un retour à la retraite à 60 ans sans pénalité», une majorité d’utilisateurs (57%) répondent par l’affirmative, contre 37% pour les sarkozystes de 2007.

Interrogés sur la baisse des charges en entreprises, 79% des anciens électeurs y sont favorables, contre 56% dans l’ensemble de ceux qui ont répondu. «C’est un marqueur traditionnel de l’électorat de Nicolas Sarkozy. S’il en fait un axe fort de sa campagne, il pourrait le récupérer. C’est fédérateur, notamment pour le deuxième tour», relève Pierre Lefébure, chercheur à Science-Po.

Bonne image de Marine Le Pen

Car le problème de Nicolas Sarkozy, c’est qu’il n’a pas «fidélisé» son électorat de 2007, note Pierre Lefébure. Seuls 45% de ses électeurs de second tour voudraient voter pour lui dès le premier tour en mai prochain. «Il lui reste un gros travail à faire pour convaincre ceux qui l’avaient rejoint au second tour de voter pour lui au premier. Il faut faire l’autre moitié du chemin», insiste le chercheur. Il aura à convaincre des électeurs qui souhaitent choisir Marine Le Pen ou François Bayrou. «Ce sont des électorats très divers, c’est le grand écart», note-t-il.

Autre enseignement de la Boussole : la relative bonne image dont jouit Marine Le Pen dans l’électorat de Nicolas Sarkozy. Ils sont 40% à juger qu’elle comprend bien les problèmes (contre 24% dans l’ensemble des réponses), 29% à la trouver compétente (contre 18%) et 26% à lui trouver l’étoffe d’un président (contre 26%). «Cela pourra peser dans la gestion d’une éventuelle recomposition politique à droite en cas de défaite de Nicolas Sarkozy», conclu Anne Jadot.

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