Présidentielle: Sarkozy présente de nouvelles attaques, à défaut de nouvelles propositions

CAMPAGNE Le président-candidat présentait son projet lors d'une conférence de presse jeudi...

Alexandre Sulzer

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Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son projet le 5 avril 2012 à Paris.
Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son projet le 5 avril 2012 à Paris. — AFP

«Quand on présente son programme tout de suite dans la campagne, que fait-on de l’écoute, de l’échange nécessaires?» Dès les premières secondes de ce qui devait être la présentation, très attendue, de l’ensemble de son projet jeudi, Nicolas Sarkozy a attaqué bille en tête François Hollande.

Sur les 32 «principales propositions», une seule n’avait pas déjà été présentée. Au «festival de dépenses nouvelles dont personne ne sait comment elles seront financées» qu’il attribue au PS, Nicolas Sarkozy entend opposer un retour à l’équilibre des comptes publics dès 2016. «Avons-nous les moyens de dire aux Français: “c’est la fête, on va travailler moins longtemps et proposer de nouvelles prestations sociales”», attaque-t-il au sujet de la réforme des retraites, voulue par le PS.

Des piques à tout-va

Interrogé sur ce à quoi ressembleraient les premiers moments de son mandat - ce qu’a précisé la veille son rival socialiste - il s’emporte : «je suis toujours stupéfait que les candidats viennent en disant: “voilà ce que je ferai la première année”. Ah bon, et la seconde, c’est la pochette surprise? (...) Personnellement, moi, je suis candidat pas pour exercer un an.» Pas question pour autant de révéler l’identité de son Premier ministre. «Se donner le ridicule de dire qui sera, qui pourrait être Premier ministre ou ministre [une attitude prêtée aux socialistes], je ne le ferai jamais et je désavouerai tous ceux de mes amis qui s’y livreront.» Une façon de remettre à sa place Valérie Pécresse qui avait évoqué la possibilité que François Bayrou soit nommé à Matignon.

Mais Nicolas Sarkozy prend soin de ne pas fermer pour autant la porte à un gouvernement d’ouverture. «Le Président doit s’ouvrir, pas se fermer.» Et tant pis pour ses anciens amis, comme Patrick Devedjian, qui lui en font le reproche: considérer qu’un gouvernement est une «équipe de copains» est une «conception particulièrement puérile de l’Etat». Finalement, seul François Bayrou aura échappé aux fourches caudines du candidat-Président.