A Toulouse, Jean-Luc Mélenchon rêve de second tour

PRESIDENTIELLE Place du Capitole, le candidat du Front de gauche a de nouveau taclé Nicolas Sarkozy...

© 2012 AFP

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Après la "prise de la Bastille" le 18 mars à Paris, Jean-Luc Mélenchon a investi jeudi soir la Place du Capitole à Toulouse pour une nouvelle démonstration de force, et du haut de ses 13 à 15% dans les sondages à deux semaines du premier tour, il se prend à rêver du deuxième
Après la "prise de la Bastille" le 18 mars à Paris, Jean-Luc Mélenchon a investi jeudi soir la Place du Capitole à Toulouse pour une nouvelle démonstration de force, et du haut de ses 13 à 15% dans les sondages à deux semaines du premier tour, il se prend à rêver du deuxième — Eric Cabanis afp.com

Après la «prise de la Bastille» le 18 mars à Paris, Jean-Luc Mélenchon a investi jeudi soir la Place du Capitole à Toulouse pour une nouvelle démonstration de force, et du haut de ses 13 à 15% dans les sondages à deux semaines du premier tour, il se prend à rêver du second.

Les calculs «à la grosse louche» de Nicolas Sarkozy

 

Des dizaines de milliers de sympathisants (70.000, affirme le FG) se sont pressés, sous la pluie, sur la grand place de la ville rose et aux alentours, brandissant drapeaux rouges et affiches «prenons le pouvoir» ou «Mélenchon, enfants des lumières, le peuple est avec toi». Sur la scène installée devant la mairie, après un concert des «Grandes bouches», le candidat a développé en une demi-heure sa vision de la souveraineté (mise en place d'une constituante), de la politique internationale (sortie de l'Otan) et de l'Europe, lui qui prône un référendum sur le traité européen contre l'accord «Merkozy».

A Toulouse, où la tuerie dans une école juive est dans toutes les têtes, le potentiel troisième homme de la présidentielle s'en est longuement pris à Nicolas Sarkozy. «Non Monsieur le Président, le premier danger ce n'est pas la confrontation entre l'Occident et l'islam». Et «la France de la VIe République n'est pas une nation occidentale, elle est une nation universaliste!», a-t-il fait valoir, appelant notamment à «lutter contre la peine de mort non seulement en Chine mais aussi aux Etats-Unis d'Amérique».

Au président-candidat qui fait des calculs «à la grosse louche» sur le programme du FG, il a demandé «des comptes pour le malheur» répandu pendant son mandat «de souffrances», «de grossièreté» et «d'abaissement de la patrie», entre suppressions de postes d'enseignants et «départs à la retraite retardés».

Une fausse alerte à la bombe

Mélenchon, qui avait rejoint la tribune après Christian Picquet (Gauche unitaire), Nicole Borvo (PCF) et Myriam Martin (NPA), a appelé la foule à se mettre au-dessus du «gloubi-boulga du PMU politicien». L'homme de la «révolution citoyenne» a, à nouveau, plaidé pour «l'insurrection citoyenne», «un devoir sacré de la République».

Se faisant lyrique, il a conclu ainsi, avant d'entonner les traditionnelles Internationale et Marseillaise: «Nous sommes au mois de germinal, les bourgeons gonflés de vie s'annoncent déjà» et dans cette «France belle et rebelle, viennent le temps des cerises et des jours heureux!».

Peu après la fin du meeting, alors que les trois-quarts des sympathisants avaient quitté la place du Capitole, une alerte à la bombe a été déclenchée à la suite d'un coup de téléphone anonyme et la police a fait partir les dernières personnes.