Présidentielle: L'UMP organise des «télémeetings» pour motiver ses militants

REPORTAGE Une discussion par téléphone avec Jean-François Copé retransmise sur Internet était réalisée mardi soir dans les locaux de l'UMP...

Anne-Laëtitia Béraud
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Jean-François Copé durant une convention UMP sur l'éducation, le 8 novembre 2011.
Jean-François Copé durant une convention UMP sur l'éducation, le 8 novembre 2011. — WITT/SIPA

Ras-sem-bler, sur tous les canaux de diffusion possibles. En période électorale, «toutes les voix comptent, pas une seule ne doit manquer à l’appel pour voter Nicolas Sarkozy», martèle Jean-François Copé. Mardi soir dans les locaux de l’UMP à Paris, le secrétaire général du parti organise un «télémeeting». Soit, pendant un peu plus d’une heure, une séance téléphonique de questions-réponses entre militants et le responsable UMP, le tout retransmis sur le site Internet du parti.

Le système, mis en place fin 2010 par la société américaine FwdAffairs, «monte en capacité», affirme-t-on dans le staff. Jean-François Copé est désormais rodé à l’exercice, le télémeeting du soir étant son neuvième. Les chiffres du soir sont d’ailleurs bons, se félicite la communication de l’UMP.

Si 2.500 personnes sont connectées en même temps durant l’événement, environ 11.500 visiteurs, affirme-t-on, se sont connectés au moins une fois sur ce télémeeting. «Soit un Bercy [du nom de la salle de spectacle parisienne, ndlr] rempli», se réjouit-on rue de Vaugirard. 

Stratégie de campagne sur Internet

Le système demande une lourde préparation. Il a nécessité, la semaine précédente, de contacter plusieurs fois des dizaines de milliers de militants UMP afin d’être présents sur le site à l’heure dite et poser des questions en direct à Jean-François Copé.

A distance, le but de ce questions-réponses webo-téléphoniques à l’adresse des militants vise à rapprocher le patron UMP des partisans, et d’apporter les argumentaires, ces fameux «éléments de langage» -écrits sur plusieurs  feuilles A4 éparpillées devant Jean-François Copé-, aux militants.

De nombreuses questions sont posées via le site. Parmi elles, figurent celle de Jacky, à la Ferté Bernard (Sarthe): «Pourquoi nous ne sommes pas avertis plus tôt des discours de Nicolas Sarkozy?» ou d'Albert d'Agde (Hérault): «Que peut-on faire pour mobiliser les électeurs?»

Rapprocher le responsable UMP des militants

Des mini-sondages en ligne, qui portent sur les propositions de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, sont également organisés en direct. Les résultats de ces sondages frisent des records soviétiques. Plus de 80% des personnes interrogées sont en faveur d’une meilleure sécurité, ou «d’une renégociation des accords de Schengen afin de mieux protéger les frontières».

Par téléphone, plusieurs questions ciblent violemment l’immigration et l’islam. Ainsi, Johan, de l’Aveyron, demande: «Comment des concitoyens de confession islamique peuvent-ils avoir la nationalité française?» quand un autre questionne: «Pourquoi lorsque je suis dans le bus à Grenoble, j’ai l’impression d’être à Alger?»

Rappeler les propositions du candidat

A Jean-François Copé de répondre: «Il ne faut pas mélanger les choses, on peut respecter les lois de la République tout en exerçant son culte», avant d’embrayer sur les propositions de Nicolas Sarkozy sur l’immigration, ou revenir sur l’interdiction du port de la burqa voulue par le gouvernement et adoptée par le Parlement.

Après ce télémeeting sur Internet, l’UMP va dégainer un nouvel outil de la web-campagne électorale ce mercredi: le parti met en ligne un nouveau site dédié aux procurations. Les internautes qui le souhaitent pourront laisser leurs coordonnées sur le site, afin d’être mis dans un deuxième temps en relation avec des sympathisants et militants UMP qui accepteront les procurations. Ceux-ci se chargeront alors pour les premiers de glisser dans l’urne le bulletin Sarkozy.