Comment l'UMP voudrait lier l'affaire DSK à François Hollande

PRESIDENTIELLE L'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy pointe des liens entre François Hollande et DSK, l'accusant par ailleurs d'ambiguïté sur la prostitution...

Anne-Laëtitia Béraud

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François Hollande, candidat PS à la présidentielle, lors d'un meeting à Montpellier le 29 mars 2012.
François Hollande, candidat PS à la présidentielle, lors d'un meeting à Montpellier le 29 mars 2012. — C. Ena/AP Photo

La mise en examen de Dominique Strauss-Kahn pour proxénétisme aggravé en bande organisée dans l’affaire du Carlton de Lille, lundi, semble être du pain béni pour les adversaires au candidat socialiste François Hollande. Depuis l’arrestation à New York de DSK en mai dernier, l’UMP s’était pourtant relativement tue sur cette affaire mêlant pouvoir et sexe.

Depuis mardi, plusieurs responsables de l’UMP multiplient les communiqués de presse liant cette affaire à François Hollande. Mardi et mercredi, Sébastien Huyghe, député du Nord, publie deux communiqués: il déplore que François Hollande ne sorte pas «de son extrême mutisme» et soit «frappé d’amnésie» «dans le cadre de l'affaire DSK».

«Des socialistes qui s’abritent systématiquement derrière l'alibi de la vie privée»

Pour ce secrétaire national de l’UMP chargé des professions juridiques et judiciaires, François Hollande «ne pouvait pourtant pas ignorer la situation, lui qui avait été alerté dès 2003 par Anne Mansouret et Tristane Banon de l'agression dont cette dernière avait été victime.» Une accusation de «silence assourdissant» dans l’affaire du Carlton de Lille relayée par la suite par le conseiller régional d'Ile-de-France Bruno Beschizza, secrétaire national de l'UMP chargé de l'emploi des forces de sécurité.

Mercredi, c’est au tour de la porte-parole du président-candidat, Nathalie Kosciusko-Morizet, et de la députée de Meurthe-et-Moselle Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l’UMP, de demander à François Hollande de «s’expliquer». La porte-parole de Nicolas Sarkozy réclame des explications sur des liens supposés entre Jean-Jacques Urvoas, le «monsieur Sécurité» du Parti socialiste – et non de François Hollande, comme indiqué par erreur dans le communiqué-, et l’un des policiers impliqués dans l'affaire du Carlton de Lille, Jean-Christophe Lagarde. 

Contre-feu à l’affaire Bettencourt

«Quelles que soient les réponses que François Hollande peut apporter à ces questions, si François Hollande est là aujourd'hui, c'est parce que DSK est là où il est aujourd’hui», ironise NKM dans un communiqué.

La publication d’une interview de François Hollande accordée au site Seronet - où le candidat s’exprime sur le délit de racolage passif -, est l’occasion pour l’UMP d’alimenter un feu nourri des critiques. Dans un communiqué de presse diffusé ce jeudi, Bruno Beschizza «dénonce la politique prônée par François Hollande concernant les crimes et les délits sexuels».

L’élu UMP dénonce dans un communiqué: «François Hollande annonce qu'il veut supprimer le délit de racolage passif. Cette déclaration illustre l'inconfort ou l'ambiguïté systématique des socialistes lorsqu'il faut s'exprimer sur les crimes, délits et contraventions rattachés à des pratiques sexuelles». 

Liens supposés entre le «monsieur sécurité» du PS et le Carlton de Lille

Avant d’ajouter: «mardi, c'est le candidat François Hollande (…) ainsi que d'autres responsables socialistes qui concernant l'affaire DSK aux Etats-Unis, mais aussi l'affaire DSK dite du "Carlton de Lille", s’abritent systématiquement derrière l'alibi de la vie privée ou de pratiques "intimes".» 

Lier François Hollande aux affaires judiciaires de DSK et à une supposée ambiguïté concernant la prostitution fonctionnera-t-elle auprès des électeurs, à moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle? L’UMP semble en tout cas allumer ici un contre-feu aux demandes d’explications adressées au camp Sarkozy par rapport à l’affaire Bettencourt.

En effet, l’un des personnages clefs de cette affaire, Patrice de Maistre, - l’ancien gestionnaire de fortune de la milliardaire Liliane Bettencourt, proche du pouvoir – a été placé en détention provisoire, vendredi dernier, à la maison d'arrêt de Gradignan, en Gironde.

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