Présidentielle: La lente érosion de François Hollande

COURSE 2012 Selon le sondage CSA pour «20 minutes», BFMTV et RMC…

Matthieu Goar
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Candidats à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et François Hollande sont en tête des sondages.
Candidats à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et François Hollande sont en tête des sondages. — SIPA

Si les campagnes se résumaient à des dynamiques, François Hollande aurait du souci à se faire. Le 7 février, une semaine avant l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, le candidat PS est mesuré à 30% d’intentions de vote au premier tour, son rival UMP à 26%. Dans la dernière livraison de CSA pour 20 Minutes, BFMTV et RMC, le rapport de force est inversé, même si Hollande l’emporte toujours au second tour (53-47, contre 60-40, le 7 février).

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La stratégie du vote utile s’effrite

«Il y a eu une entrée en campagne réussie de Nicolas Sarkozy et l’on constate d’assez forts mouvements entre les candidats», résume Jérôme Sainte-Marie, de CSA. Les proches de Hollande ont anticipé cette érosion et répètent depuis la fin des primaires que l’élection sera plus serrée que les sondages ne l’annonçaient à l’époque. Une bonne intuition. Mais, à la lecture de ce sondage, Hollande a de quoi s’inquiéter car certains électeurs sont tentés d’aller voir ailleurs et la stratégie du vote utile s’effrite.

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Après son annonce d’une tranche d’impôts à 75%, 20% des sympathisants du Front de gauche annonçaient ainsi qu’ils voteraient Hollande dès le premier tour. Ils ne sont plus que 6%. Et plus de la moitié (56%) des électeurs de François Bayrou assurent aujourd’hui qu’ils voteront Sarkozy au second tour. Comme si la campagne de Hollande, longue à cause des primaires et prudente par tactique, lassait. «L’écart initial était tellement haut que la question est de savoir si Sarkozy a encore le temps de le rattraper», conclut Sainte-Marie. Et pour cela, il faudra reconquérir le cœur des électeurs avant un second tour qui s’annonce comme un référendum pour ou contre Sarkozy.