Présidentielle: Nicolas Sarkozy contre le reste du monde

POLITIQUE Selon l'étude La Boussole présidentielle 2012...

Matthieu Goar

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Le positionnement des candidats à la présidentielle sur la boussole présidentielle.
Le positionnement des candidats à la présidentielle sur la boussole présidentielle. — Cevipof

Mieux vaut être armé d’une bonne boussole pour naviguer dans l’archipel des candidats à la présidentielle… Afin de mieux se repérer dans cette géographie, fluctuante au fur et à mesure de la campagne, les chercheurs de La Boussole présidentielle 2012 proposent un graphique intéressant. Ce groupe de scientifiques du Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po), spécialisés dans l’analyse électorale, a décortiqué les principales propositions de tous les candidats pour les placer en fonction de deux critères : sont-ils progressistes ou conservateurs sur les sujets de société (mariage homosexuel, euthanasie, etc.) et sont-ils économiquement de gauche ou de droite?

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L'isolement de Sarkozy

Premier étonnement : l’isolement de Nicolas Sarkozy. « Il est bien sûr très isolé des candidats de gauche, mais aussi très loin des autres candidats de droite. Malgré la crise, il ne peut pas rentrer dans une surenchère sur les sujets socio-économiques. Il est également obligé d’assumer son bilan alors que tous les autres se démarquent de lui en le critiquant, par exemple sur la défiscalisation des heures supplémentaires et d’autres mesures emblématiques du quinquennat », explique Pierre Lefébure, maître de conférence à Sciences Po Bordeaux, qui participe au projet. Le président sortant n’échappe pas à son bilan. Il polarise les opinions des autres candidats, notamment de droite. Avec des propositions aussi marquées qu’un référendum sur ou ses critiques de l’espace Schengen, le candidat de l’UMP se retrouve d’ailleurs dans une position bien marquée à droite. «Il n’est pas du tout dans une candidature patrimoniale de rassemblement comme l’avait été celle de François Mitterrand en 1988. Son programme est au contraire très engagé», poursuit le chercheur qui a dû aller fouiller les différentes interventions de Sarkozy.

Tous à gauche?

Autre singularité de ce graphique : huit des dix candidats se situent à gauche en matière de questions économiques. L’explication est à chercher dans la crise économique et européenne qui a amené presque l’ensemble des politiques à critiquer le système financier ou encore les salaires des grands patrons. C’est par exemple le cas de Marine Le Pen dont le parti a pourtant toujours été libéral en terme de travail et d’emploi. «Le Pen a réinvesti la notion d’Etat contre la mondialisation. Sa proposition d’augmenter de 200 € le Smic la déporte également vers la gauche en matière économique», explique Pierre Lefébure. Finalement, la droite apparaît beaucoup plus éclatée que les candidats de gauche, où Hollande occupe une position de synthèse, ce qui explique par exemple le bon report des voix constaté dans les enquêtes d’opinion.