Pour Nicolas Sarkozy, deux des soldats tués par Merah étaient «musulmans d'apparence»

PRÉSIDENTIELLE e chef de l'Etat a employé une formule maladroite pour qualifier les victimes de Montauban et Toulouse...

E.O.

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Nicolas Sarkozy, interrogé sur France info le 26 mars 2012.
Nicolas Sarkozy, interrogé sur France info le 26 mars 2012. — Capture d'écran/ 20Minutes

Si l’on en croit le président de la République, la religion d’une personne peut se voir sur son visage. Interrogé ce lundi matin sur France Info sur les tueries de Toulouse et Montauban, Nicolas Sarkozy a déclaré que deux des soldats abattus par Mohamed Merah étaient «musulmans, en tout cas d’apparence».

Le président-candidat réagissait aux propos de Marine Le Pen, qui, dimanche, a feint de demander «combien de Mohamed Merah (se trouvent) dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d'immigrés?». «Dès qu'il y a quelque chose d'outrancier à dire, on peut compter sur Marine Le Pen», a d’abord estimé Nicolas Sarkozy, selon qui, on ne peut pas «assimiler Merah, né en France, aux migrants». «Dire "immigration = Mohamed Merah", cela n'a aucun sens»,  a martelé le chef de l'Etat, ajoutant «de même, les amalgames n’ont aucun sens».

«Minorité visible»

«Et je rappelle», a-t-il continué pour appuyer son propos, «que deux de nos soldats étaient… comment dire… musulmans, en tout cas d’apparence – puisque l’un était catholique (…) ; comme l’on dit: la minorité visible». L’amalgame, a conclu le chef de l’Etat, «serait particulièrement odieux» car ces «deux Français musulmans ont été assassinés parce qu’(ils étaient) soldats».

 (à partir de 4'12)


Les militaires dont parle Nicolas Sarkozy sont les premières victimes de Mohamed Merah. Imad Ibn Ziaten, 30 ans, a été tué le 11 mars à Toulouse, tandis que Mohamed Legouad, 24 ans, et Abel Chennouf, 25 ans  - le «catholique» évoqué par le chef de l’Etat – ont été abattus le 15 mars à Montauban.

Le Parti communiste français a réagi, en jugeant dans un communiqué que «cette expression, en plus d'être d'une bêtise insondable, était clairement raciste». «Comment le Président de la République arrive-il à confondre, si ce n'est en le faisant volontairement, affaire de foi et couleur de peau?», s'indigne le PCF. Jean-Luc Mélenchon a quant à lui donné rendez-vous aux électeurs pour le premier tour en lançant sur son compte Twitter : «Tous musulmans d'apparence le 22 avril!»