Présidentielle: La campagne s'invite au Conseil général de Corrèze

POLITIQUE Lors du vote du budget, vendredi matin...

Matthieu Goar

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François Hollande lors de l'Assemblée du Conseil général de Corrèze du 23 mars 2012.
François Hollande lors de l'Assemblée du Conseil général de Corrèze du 23 mars 2012. — AFP PHOTO /THIERRY ZOCCOLAN

De notre envoyé spécial à Tulle

Vendredi, le Conseil général de Corrèze vote son budget annuel, comme le font tous les autres départements de France à cette période. Sauf qu’à Tulle, c’est François Hollande qui préside l’Assemblée. Au lendemain de son meeting d’Aurillac, le candidat PS retrouve ses terres, ses vice-présidents, son directeur général et son bureau où il prépare la séance. Mais, à un mois du premier tour, rien ne peut être pareil et des dizaines de journalistes «descendus» de Paris hantent les couloirs. Tulle a l’habitude. Il y a un an , Hollande annonçait sa candidature ici-même. Devant, les micros, Bernadette Chirac, conseillère général du département, en profite pour évoquer la «courtoisie» mais surtout «le manque de carrure» de Hollande à comparer avec «l’énergie» et le «dynamisme» de Nicolas Sarkozy. Comme ça, en passant…

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Après une minute de silence à la mémoire des victimes des tueries de Montauban et Toulouse, Hollande introduit la séance. Il détaille les choix de sa majorité (isolement des logements, développement du tout numérique, etc…) et critique l’Etat. «Nos actions sont de plus en plus entravées par des budgets qui n'arrivent pas (…) Finalement, le logement et le numérique ne font pas partie de nos compétences. Nous sommes obligés d’aller au delà de nos compétences», pense-t-il avant d’évoquer l’importance d’un nouvel acte de décentralisation inscrit à son programme de… candidat à l’Elysée.

La dette colossale de la Corrèze

Le vote du budget de la Corrèze n’est pas si anodin que ça. A l’échelon national, les opposants de Hollande rappellent à grand renfort de tracts et de mails que la Corrèze est le département le plus endetté de France. Une réalité. Avec 363,3 millions d’euros à rembourser, la Corrèze a une dette plus importante que son budget 2012 (323 millions d’euros). A qui la faute? A la droite locale qui a présidé le Conseil général de 2001 à 2008, selon Hollande. «Mon premier impératif, c'est la stabilisation de la dette, multipliée par dix (en fait par huit, ndlr) entre 2001 et 2008. Pour la première fois elle sera stabilisée», promet-il. Preuve à l’appui, son service de presse dégaine un document de quatre pages qui détaille, graphiques en couleurs et petites phrases bien soulignées, l’aggravation de la dette entre 2001 et 2011 (35 millions en 2001, 300 en 2008), en espérant que le message porte plus loin que Tulle. «Notre responsabilité est de 63 millions sur 363», écrit Gérard Bonnet, vice-président chargé des finances. Quand même 63 millions en trois ans…

La droite ne conteste pas vraiment les chiffres mais vante les investissement qu’elle avait consentis à l’époque, comme l’aéroport de Brive. «En 2011, 5.636.000 euros de retombées économiques constatées», explique Michel Paillassou qui décrit le Conseil général à la sauce Hollande comme «une grosse machine délivrant les prestations obligatoires et gérant les affaires courantes». Pourtant, l’opposant ne souhaite qu’une chose: «Vous voir dans ce fauteuil encore l’année prochaine.» Tout sauf à l’Elysée. «J'ai compris que certains voulaient me conserver comme président du Conseil général et je les en remercie. Mais quoiqu'il arrive, quoique décident les Français, je resterai fidèle à mon département.» Le 22 avril, Hollande votera ici.