Présidentielle: L'UMP accuse Hollande et Le Pen et parle de «récupération»

POLITIQUE La riposte du PS n'a pas traîné...

Matthieu Goar

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Les candidats à la présidentielle François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou et Marine Le Pen assistent, le 21 mars 2012, à Montauban, à la cérémonie en hommage aux trois parachutistes tués le jeudi 15 mars.
Les candidats à la présidentielle François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou et Marine Le Pen assistent, le 21 mars 2012, à Montauban, à la cérémonie en hommage aux trois parachutistes tués le jeudi 15 mars. — CHESNOT/SIPA

L’unité républicaine n’a duré que 48 heures. A peine, la cérémonie en l’honneur des militaires terminées, l’UMP a dégainé, mercredi après-midi, deux communiqués pour dénoncer la «récupération» politique de Marine Le Pen et François Hollande. «Marine Le Pen n’a même pas attendu le dénouement des opérations en cours à Toulouse pour invoquer «un risque fondamentaliste» qui aurait été «sous-estimé». Retombant dans ses travers naturels», écrit Sébastien Huyghe, secrétaire national et député du Nord. «Quant à François Hollande qui évoque dans un communiqué la demande de sécurité et de protection des Français: qu’a-t-il fait avec son groupe au Parlement pendant les cinq années qui viennent de s’écouler pour assurer ces éléments essentiels de la République?», dénonce de son côté Valérie Rosso-Debord.

Le PS demande une «condamnation ferme»

Marine Le Pen a effectivement occupé les plateaux télés depuis mercredi matin, au moment où les médias ont révélé que le suspect présumé se revendiquait d’Al-Qaida. Plus difficile de comprendre la colère de l’UMP contre François Hollande. Depuis lundi, le candidat PS a suspendu sa campagne et a demandé à ses troupes de ne pas commenter les faits. Lors de son allocution dans l’école touchée par le drame, Hollande avait seulement évoqué «la demande de protection et de sécurité qu’expriment des familles, qu’expriment aussi des communautés religieuses qui sont touchées parce qu’elles sont, justement, objet de haine», sans dénoncer la politique actuelle de Sarkozy.

Des mots beaucoup moins durs que ceux de François Bayrou et Eva Joly dénonçant le «climat» du pays et l’ambiance de «stigmatisation». Mais les communiqués de l’UMP n’évoquent pas ces sorties du président du MoDem et de la candidate écolo. La riposte du PS est donc arrivée dans la foulée par un communiqué indigné de Bernard Cazeneuve, porte-parole du candidat PS. Les propos de Valérie Rosso-Débord et de certains membres de l’UMP accusant François Hollande d’instrumentalisation du drame de Toulouse sont indignes et méritent d’être condamnés le plus fermement possible par la direction de leur parti», demande le porte-parole du candidat PS.