Ces faits divers qui ont chamboulé les campagnes électorales

POLITIQUE Imprévus et traumatisants, ils sont survenus alors que le pays connaissait une période politique intense...

A.-L.B.

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Une victime secourue après l'attentat devant une synagogue de la rue Copernic à Paris, le 3 octobre 1980.
Une victime secourue après l'attentat devant une synagogue de la rue Copernic à Paris, le 3 octobre 1980. — DE KEERLE/SIPA

La fusillade de Toulouse survenue lundi à proximité de l’école juive Ozar Hatorah vient traumatiser les esprits, bouleversant de fait un moment politique intense que représente l’élection présidentielle française. Ce type de drame exceptionnel n’est pourtant pas le premier dans l’histoire nationale.

Le soir du 26 mars 2002, à trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, un homme, Richard Durn, fait feu lors d’un conseil municipal à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Ce forcené tue huit élus, en blesse 19, avant de se suicider le lendemain dans les locaux de la police judiciaire.

Quelques jours avant le premier tour

A peine un mois plus tard, le 18 avril 2002, à trois jours du premier tour de l’élection, l’agression d’un vieil homme et l’incendie de sa maison à Orléans (Loiret) choque. Cet acharnement contre Paul Voise, qui apparaît tuméfié dans les médias –TF1 accorde une large place à ce fait divers–, relance le débat contre l’insécurité. L’affaire n’a jamais été résolue.

Ce premier tour de la présidentielle 2002 voit la qualification du président sortant Jacques Chirac et du frontiste Jean-Marie Le Pen; Jacques Chirac est réélu au second tour.

Traumatisme collectif

L’élection présidentielle de 1988 est marquée par une tragédie. Deux jours avant le premier tour de la présidentielle –qui oppose le Premier ministre Jacques Chirac et le président sortant François Mitterrand - le 22 avril 1988, en Nouvelle-Calédonie, des membres du parti indépendantiste kanak FLNKS attaquent une gendarmerie à Fayaoué, sur l’île d’Ouvéa, tuant quatre militaires. Seize autres gendarmes sont kidnappés dans une grotte dans le nord de l’île.

Le 5 mai 1988, à trois jours du second tour de cette présidentielle, l’assaut est ordonné par le président-candidat, provoquant la mort de 19 preneurs d’otages et deux gendarmes. Les urnes donnent le 8 mai la victoire à François Mitterrand.

Le 3 octobre 1980, à six mois de la présidentielle de mai 1981 – remportée pour la première fois par le socialiste François Mitterrand - une bombe dans une moto explose devant la synagogue de la rue Copernic à Paris, tuant quatre personnes et en blessant plusieurs autres. Le Premier ministre de l’époque, Raymond Barre, lance une phrase étrange, condamnant «un attentat odieux qui voulait frapper les israélites», qui a en plus «frappé des Français innocents».

Débats et polémiques

Un pays limitrophe de la France, l’Espagne, est traumatisé en 2004, à trois jours des élections générales nationales - qui représentent les élections les plus importantes de ce pays. Le matin du 11 mars 2004, des bombes explosent dans des trains de banlieue de la capitale Madrid, provoquant la mort de 200 personnes, en blessant 1.400 autres. 

Le Premier ministre d’alors, José Maria Aznar, accuse presqu’immédiatement les indépendantistes basques d’ETA alors que l’enquête révèle rapidement l’innocence de cette organisation, et la culpabilité d’islamistes marocains appartenant à la sphère Al-Qaïda. Le scrutin donne la victoire aux socialistes espagnols, José Luis Rodriguez Zapatero devenant peu après chef du gouvernement.