Viande halal: Guéant affirme l'attachement de la France à l'abattage rituel

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Claude Guéant, attendu samedi en Martinique pour un voyage de quatre jours aux Antilles, est revenu vendredi sur la polémique née de ses propos sur les civilisations et la très vive réaction du député martiniquais Letchimy pointant "un malentendu sur le mot civilisation".
Claude Guéant, attendu samedi en Martinique pour un voyage de quatre jours aux Antilles, est revenu vendredi sur la polémique née de ses propos sur les civilisations et la très vive réaction du député martiniquais Letchimy pointant "un malentendu sur le mot civilisation". — Thomas Samson afp.com

Claude Guéant rassure son monde. Le ministre de l'Intérieur a affirmé ce dimanche «l'attachement à l'existence de (l')abattage rituel» de la France qui «s'honore d'en garantir sa pérennité», en marge du congrès des communautés juives de France, organisé par le Consistoire central juif.

«La liberté religieuse, c'est aussi la protection de l'abattage rituel en France, composante du libre exercice du culte dans notre pays», a affirmé Claude Guéant. «La France est attachée à l'existence d'un abattage rituel et s'honore d'en garantir la pérennité», a-t-il ajouté.

Le recours à l'étiquetage ne doit être que «volontaire»

«Simplement, il est apparu que certains abattoirs français recouraient à l'abattage rituel pour des raisons de commodité et économiques et non pour répondre à des commandes spécifiques. Pour écarter les risques d'abus, le gouvernement a renforcé» son encadrement, a affirmé le ministre. Toutefois, «afin de lever définitivement les fantasmes entretenus par certains», Claude Guéant estime que le recours à l'étiquetage ne doit être que «volontaire».

Invité à débattre de la question «la laïcité menace-t-elle la liberté religieuse» aux côtés de Manuel Valls (PS), directeur de la communication de campagne de François Hollande, le ministre a affirmé que «la conception de la laïcité (du gouvernement) n'est pas contre les religions».

«Ces polémiques n'ont qu'un seul effet: diviser nos compatriotes»

Rebondissant sur les récentes polémiques autour de la viande halal et casher, Manuel Valls est «revenu sur le climat ambiant qui est celui d'une stigmatisation croissante des pratiques religieuses», ajoutant que «l'Etat n'a pas à se préoccuper des préceptes alimentaires» des Français. «Ces polémiques n'ont qu'un seul effet: diviser nos compatriotes», a-t-il affirmé.

Le débat a également tourné autour de l'inscription dans la Constitution de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, proposée par François Hollande. «Donner une valeur constitutionnelle au titre premier de la loi de 1905, c'est mettre de l'instabilité dans une construction qui a été façonnée depuis plus d'un siècle et qui fait l'objet de l'unanimité de notre population», a estimé Claude Guéant. «Concrètement, cela pourrait conduire à interdire toute subvention indirecte aux cultes», a poursuivi le ministre.