A la Bastille, Mélenchon se prend à rêver

POLITIQUE Devant 120.000 personnes - chiffres du Front de gauche - le candidat a appelé à «l'insurrection civique»...

Maud Pierron

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Jean-Luc Mélenchon, lors de sa prise de parole  le 18 mars 2012 à Bastille.
Jean-Luc Mélenchon, lors de sa prise de parole  le 18 mars 2012 à Bastille. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Une marée humaine rouge, joyeuse dans les rues de Paris… Jusqu’à 120 000 personnes, à en croire le Front de gauche, ont, depuis la place de la Nation, «repris la Bastille» avec Jean-Luc Mélenchon, scandant «Resistance!» ou entonnant l’Internationale et la Marseillaise. Des militants, des sympathisants, mais aussi des curieux venus écouter «le tribun».

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Le candidat du Front de gauche n’aura pas été à la hauteur de se réputation, se contentant d’un discours d’une vingtaine de minutes, très solennel, pour appeler à la proclamation de «la VIe République» et exhorter la foule à «commencer le printemps des peuples» et «l'insurrection civique». Loin de son show habituel alors que la tribune était immense. Normal, explique Pierre Laurent, le patron du PCF car «l’essentiel» dimanche, ce n’était pas le candidat, mais «cette foule populaire».

Une «démonstration de force», selon les mots de Martine Billard, co-fondatrice du Parti de gauche, au-delà des espérances, et qui permet de rêver. « Ça montre l’enthousiasme autour de notre campagne. Nous sommes la gauche, nous sommes les seuls à redonner espoir», claironne Clémentine Autain. Elle l’assure, après un premier seuil à 10 % dans les sondages, l’élan Mélenchon va encore s’amplifier grâce au «cercle vertueux de la dynamique».

«Une osmose se créé dans le pays»

Une foule qui booste tous les espoirs. «On peut passer devant Bayrou, accrocher le FN, et même pourquoi pas, être au second tour», croit Alexis Corbière. «Sur la finance et les inégalités, ses idées se diffusent, infusent et se cristallisent car elles rentrent en échos avec les aspirations des gens», analyse le conseiller de l’ancien socialiste, qui parle volontiers de «mélenchonisation des esprits» quand Nicolas Sarkozy propose de taxer les évadés fiscaux et François Hollande de taxer à 75 % les plus riches. «A chaque fois on marque des points. On a bousculé le paysage politique», se félicite-t-il.

«Une osmose se créé dans le pays», assure Eric Coquerel, conseiller politique de Mélenchon, qui croit lui aussi qu’une qualification au second tour est possible. «On a fait l’unité à gauche, on a un programme cohérent, on est porteurs d’une dynamique militante. Maintenant, on est au carrefour de l’histoire», juge-t-il. En attendant, Mélenchon a appelé tous les militants à organiser des « répliques » du défilé dans « chaque ville et chaque village de France ».