Présidentielle: Placé fustige le «repli franco-français» incarné par Mélenchon

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Jean-Vincent Placé, sénateur EELV, interrogé mercredi par Europe 1 sur les difficultés de sa candidate à l'Elysée Eva Joly, a observé que faire de la pédagogie est plus compliqué que se livrer à la "démagogie", en visant notamment Jean-Luc Mélenchon (FG).
Jean-Vincent Placé, sénateur EELV, interrogé mercredi par Europe 1 sur les difficultés de sa candidate à l'Elysée Eva Joly, a observé que faire de la pédagogie est plus compliqué que se livrer à la "démagogie", en visant notamment Jean-Luc Mélenchon (FG). — Thomas Samson afp.com

Le sénateur Jean-Vincent Placé (Europe Ecologie-Les Verts) a fustigé ce dimanche sur RCJ les «thèmes de campagne» du candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, dont «une forme de repli franco-français» ou le «refus d'une Europe ouverte».

«Je n'ai pas de sympathie particulière pour les thèmes de campagne portés par Jean-Luc Mélenchon, y compris quelque part une forme de repli franco-français, de refus d'une Europe ouverte et plus démocratique, donc je ne me retrouve pas du tout dans cette candidature», a lancé Jean-Vincent Placé.

«Je n'ai pas l'impression que ce soit un vote très utile pour ces cinq prochaines années»

«Très sincèrement, je n'ai pas l'impression que ce soit un vote très utile pour ces cinq prochaines années, pour les politiques publiques que la gauche doit mener», a ajouté l'élu écologiste, alors que Jean-Luc Mélenchon est en hausse dans les sondages et devait prononcer un grand discours dimanche place de la Bastille à Paris.

«Je pense que le vote pour Jean-Luc Mélenchon est un vote un peu nostalgique, d'un souvenir de la France des années 70, peut-être un peu plus prospère, avec des industries plus classiques, façon avant la chute du mur de Berlin», a également fait valoir Jean-Vincent Placé.

Mélenchon «dirige un petit parti tout seul»

Selon lui, Jean-Luc Mélenchon, ancien sénateur PS, «dirige un petit parti tout seul (...) et il nous dit "je suis pour la République parlementaire, la démocratie participative"». Concernant la candidature EELV d'Eva Joly, toujours malmenée dans les sondages, Jean-Vincent Placé a admis qu'«incontestablement, c'est vrai qu'on ne décolle pas dans cette campagne».

«Ce n'est pas le problème d'Eva Joly, je l'aime beaucoup, je trouve qu'elle fait une campagne courageuse», a-t-il assuré mais «le problème que nous avons, c'est que nous n'arrivons pas à imposer nos thèmes dans le débat présidentiel». «On voit que ce sont plutôt des thèmes du passé qui sont là, visions industrielles classiques, visions repliées sur la France, un culte du chef qu'on voit un peu partout, le fait bonapartiste», a jugé Jean-Vincent Placé, appelant à voter pour Eva Joly si les électeurs «veulent de l'écologie» dans un éventuel quinquennat de François Hollande. Enfin, il a indiqué qu'il trouvait la campagne de Nicolas Sarkozy «très triste, navrante et très indigne pour un président français sortant».