Les salariés d'ArcelorMittal refoulés devant le siège de campagne de Sarkozy

SOCIAL Les salariés de l'aciérie de Florange ont été accueillis par des gaz lacrymogènes, devant le siège de campagne du président-candidat, à Paris...

M.Gr avec Reuters

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Le syndicaliste CFDT de l'aciérie ArcelorMittal de Florange, Edouard Martin, exprime sa colère devant un gendarme à Paris, le 15 mars 2012.
Le syndicaliste CFDT de l'aciérie ArcelorMittal de Florange, Edouard Martin, exprime sa colère devant un gendarme à Paris, le 15 mars 2012. — THOMAS SAMSON / AFP

L'ambiance était électrique, ce jeudi, devant le siège de campagne de Nicolas Sarkozy, rue de la convention à Paris. 150 salariés de l'aciérie ArcelorMittal de Florange, en Moselle, s'y était rassemblés pour manifester.

Ils demandaient notamment que le groupe s'engage à redémarrer les deux hauts-fourneaux de Florange, éteints depuis juillet et octobre, et à pérenniser ce site de 2.700 employés -plus de 4.000 en comptant intérimaires et sous-traitants.

Venus de Moselle le matin même à bord de quatre bus, les salariés, vêtus de chasubles orange, casque de chantier sur la tête, ont tenté d'approcher le QG de Nicolas Sarkozy, dans le XVe arrondissement de la capitale, en activant des fusées de détresse.

«Il nous gaze, le candidat du peuple!»

Mais l'accès leur a été interdit par les forces de l'ordre. Les salariés ont même été repoussés avec du gaz lacrymogène par les CRS, alors qu'ils tentaient de franchir le cordon de sécurité. Les heurts, ponctués de «Sarko démission!», se sont produits alors que la président-candidat était absent.



Devant un tel accueil, les sidérurgistes ont laissé éclater leur colère et refusé l'invitation du chef de l'Etat à les rencontrer lundi à l'Elysée. «Ça fait quatre semaines qu'on fait grève, on n'a agressé personne et lui il nous gaze, le candidat du peuple!» a martelé Edouard Martin, l'un des responsables de la CFDT, avant de lâcher «On n'ira pas à son invitation!» Une annonce que l'intersyndicale a confirmée quelques minutes plus tard.

Rencontre prévue lundi

Plus tôt dans la journée, Nicolas Sarkozy s'était rendu à son QG avant un déplacement électoral dans la Marne. Il avait confirmé à des journalistes qu'il recevrait les salariés d'ArcelorMittal «avec plaisir».

En début d'après-midi, alors qu'il était toujours dans la Marne, il a réagi à ces incidents, expliquant que «les syndicalistes devraient défendre les intérêts des salariés, pas faire de la politique (...) Et je dis aux vrais salariés de Florange que je suis à leur disposition pour les voir.»