Sarkozy/Hollande: Pourquoi les sondages ne sont pas sur la même longueur d'ondes

PRESIDENTIELLE Entre les différents instituts de sondages, les intentions de vote en faveur des candidats varient...

Anne-Laëtitia Béraud

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Nicolas Sarkozy et François Hollande, les deux candidats à la présidentielle 2012 favoris des sondages
Nicolas Sarkozy et François Hollande, les deux candidats à la présidentielle 2012 favoris des sondages — GUIBBAUD-POOL/SIPA

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Le sondage Paris-Match, Public Sénat et Europe 1 de ce mardi, donnant pour la première fois Nicolas Sarkozy devant François Hollande au premier tour de l’élection présidentielle, a réjoui tout le camp du président-candidat. Mais le même jour, un sondage effectué par TNS-Sofres pour I-télé révèle un écart de 4% entre les deux candidats PS et UMP, en faveur du socialiste.

Que croire, et comment expliquer ces différences? «Il y a des problèmes de lecture alors que la campagne va très vite», explique Stéphane Rozès, président de CAP et ancien patron d’un institut de sondage. «Ces différences naissent d’explications techniques: par exemple, utilise-t-on un échantillon de personnes nouvelles à chaque sondage ou préfère-t-on un panel régulier? Réalise-t-on le sondage par Internet ou par téléphone?», questionne le politologue.

Différentes techniques utilisées

Les redressements, ces rectifications appliquées par l’institut aux sondages eux-mêmes, peuvent engendrer des différences. En 2007, alors à la tête d’un institut, Stéphane Rozès explique avoir «surestimé le vote en faveur de Jean-Marie Le Pen, pensant être en face d’électeurs cachés, alors que ceux-ci ont voté Nicolas Sarkozy». Ces calculs savants sont donc faillibles, même si le politologue précise que ces entreprises «sont honnêtes dans leur travail».

Autre difficulté: savoir évaluer le vote en faveur de Marine Le Pen. «Il peut exister un vote caché en faveur de la présidente du Front national, car certaines personnes ne vont pas déclarer qu’ils souhaitent voter pour Marine Le Pen. Cela peut ainsi impacter le score de Nicolas Sarkozy», indique Stéphane Rozès. 

Rappelant que les «sondages sont des techniques» et les différents instituts s’appuient sur «des techniques différentes» pour réaliser leurs études, mieux vaut, pour le politologue, s’attacher «aux grandes tendances». Reste à attendre quelques jours, et plusieurs sondages, avant d’affirmer, ou infirmer, une percée du président-candidat sur son rival socialiste.

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