Rama Yade et les jeunes du Parti radical refusent de voter le soutien à Sarkozy

POLITIQUE L'ancienne ministre dénonce la «stratégie de droitisation» du président-candidat. Jean-Louis Borloo, lui, ne participera pas au grand meeting de Villepinte, dimanche...

N. Bu. avec AFP

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L'ex-ministre Rama Yade annonce qu'elle refuse, lors du congrès du Parti radical ce samedi, de voter la motion de soutien au président-candidat Nicolas Sarkozy, dont elle n'accepte pas la "stratégie de droitisation", dans un entretien au Monde.fr.
L'ex-ministre Rama Yade annonce qu'elle refuse, lors du congrès du Parti radical ce samedi, de voter la motion de soutien au président-candidat Nicolas Sarkozy, dont elle n'accepte pas la "stratégie de droitisation", dans un entretien au Monde.fr. — Sylvain Thomas afp.com

Le président du Parti radical Jean-Louis Borloo a confirmé ce samedi après-midi qu'il n'ira pas au meeting de Nicolas Sarkozy demain à Villepinte.  «Je ne souhaite pas être à Villepinte. Pour quelle raison ? Pas pour dire que je boude, pas pour faire ma mijaurée», a déclaré Jean-Louis Borloo à la tribune. Mais parce que «ca ferait perdre toute crédibilité à notre vigilance, c'est aussi simple que ça», a-t-il ajouté.

«Ce soutien s'entend si les principes et les valeurs radicales trouvent leur juste place dans le projet du candidat pour une France unie. Oui à une France forte et juste !».

Plus tôt sur BFMTV, Dominique Paillé avait déjà annoncé cette information.«Il m'a dit qu'il n'y allait pas», a-t-'il déclaré.

Le parti radical a en outre voté à  76% pour un soutien «vigilant» à  Nicolas Sarkozy.

L'ex-ministre Rama Yade annonce qu'elle refuse, lors du congrès (mouvementé) du Parti radical ce samedi, de voter la résolution de soutien au président-candidat Nicolas Sarkozy, dont elle n'accepte pas la «stratégie de droitisation», dans un entretien au Monde daté du 11 mars.

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«En 2007, Nicolas Sarkozy dictait le tempo, imposait les débats. Aujourd'hui, nous avons le sentiment, nous, les républicains, d'avoir le pistolet du FN sur la tempe», déclare Rama Yade, qui ne se rendra donc pas non plus au grand meeting national du chef de l'Etat dimanche à Villepinte, où elle n'a «d'ailleurs pas été invitée».

Un meeting auquel n'assistera pas non plus Jean-Louis Borloo. Une information confirmée par Dominique Paillé, conseiller politique du Parti radical, sur BFMTV, samedi en début d'après-midi. Un peu plus tôt, la chaine d'info rapportait également qu'à l'instar de Rama Yade, les jeunes du Parti radical ont eux aussi refusé de voter la motion de soutien au président-candidat Sarkozy.

Pas question de revenir au bercail

«On nous explique que certaines civilisations sont inférieures à d'autres, et, en même temps, on nous dit que le FN est un parti nationaliste et socialiste. Où tombera le curseur? Vous comprendrez que j'ai besoin de savoir cela précisément avant de m'engager», insiste Rama Yade.

«Jean-Louis (Borloo) nous a demandé de nous prononcer en notre âme et conscience. En femme libre que j'ai toujours été, avec la sincérité dont j'ai toujours fait preuve, je ferai ce que je crois bien. Ce n'est pas parce que Jean-Louis Borloo n'est pas candidat qu'il me faut en choisir un autre. Je veux aussi être totalement convaincue avant de me décider», ajoute l'ex-secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme puis aux Sports.

A la question de savoir si elle est «susceptible de revenir dans le giron du président sortant», celle qui est aujourd'hui première vice-présidente du Parti radical répond, sans appel: «Non. J'espère un rééquilibrage de ses positions, sans illusion excessive».

Rama Yade laisse par ailleurs entendre que le soutien officiel que devrait apporter samedi après-midi le Parti radical à Nicolas Sarkozy n'est dû qu'à «la brutalité de l'UMP» et à «sa capacité à faire payer ceux qui sont perçus comme des gêneurs», sans préciser davantage ses accusations. «Je ne suis pas élue sortante, j'ai donc toute ma liberté, et j'en profite», souligne-t-elle.

«François Hollande ne mérite pas la France»

Qu'en est-il donc du rapprochement apparent de ces dernières semaines? «Les médias se sont emballés et ont extrapolé. Oui, c'est vrai, j'ai soutenu les propositions du président de la République en matière d'éducation (...), mais je ne le soutiens pas dans sa stratégie de droitisation qui ne fera pas reculer le FN», explique-t-elle.

Si «Nicolas Sarkozy a fait de bonnes choses et réformé plus qu'on ne l'a dit, on voit désormais se mettre en place une droitisation qui est l'épilogue d'une série d'actes politiques qui vont du débat sur l'identité nationale jusqu'à la déchéance de la nationalité», poursuit Rama Yade, refusant qu'on «laisse le FN dicter les réponses». «La France forte, c'est bien. Mais il faut aussi qu'elle soit juste!»

Pas question pour autant pour elle de rallier la gauche: «François Hollande ne mérite pas la France. L'homme qui a mal géré le département le plus endetté de notre pays ne peut affronter les crises qui se préparent. Ce n'est qu'un candidat de substitution, qui ne compte que sur l'antisarkozysme pour l'emporter».