Entretien «20 Minutes»: «Confiant, plus que jamais» lance François Bayrou

INTERVIEW Le candidat MoDem à la présidentielle sortira un livre très bientôt...

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud et Alexandre Sulzer

— 

Francois Bayrou, président du Modem, au siège de son parti au 133 rue de l'université à Paris, le 07 mars 2012.
Francois Bayrou, président du Modem, au siège de son parti au 133 rue de l'université à Paris, le 07 mars 2012. — VINCENT WARTNER/20 MINUTES

Invité jeudi soir de l’émission «Des paroles et des actes» sur France 2, le candidat MoDem a reçu 20 Minutes à son QG pour un entretien.

A moins de 50 jours du premier tour, êtes-vous toujours confiant?

Plus que jamais. Les enquêtes d’opinion montrent que sur les trois critères essentiels, la confiance, les justes propositions pour la France et la bonne représentation du peuple, les Français me choisissent. Il y a un potentiel très important. Et celui-ci va se révéler en même temps que le refus des Français d’être enfermés dans un choix obligé entre Sarkozy et Hollande.

Comment transformer ce «potentiel» en votes 

Dans quelques jours, je sortirai un livre sur la sortie de crise, je rendrai public le texte du projet que je soumettrai au référendum sur la moralisation de la vie publique et enfin, je rendrai public mon programme dans sa rédaction définitive.

Vos priorités restent inchangées?

Bien sûr, on ne change pas de priorités comme de chemise! Il s’agit de sortir du surendettement, de la reconstruction du produire en France, de l’éducation et de la moralisation de la vie publique.

Sarkozy a fait des propositions sur l’immigration. Ce thème n’apparaît pas dans vos propositions…

Les flux doivent être régulés. Mais les annonces spectaculaires qui promettent de réduire de moitié l’immigration, alors que Nicolas Sarkozy a la charge de l’immigration en tant que Président de la république, et auparavant comme ministre de l’Intérieur depuis dix ans, ce n’est pas crédible.

Mais vous, souhaitez-vous réduire le nombre d’immigrés?

L’immigration est une question d’équilibre de la société française. Il est très important d’avoir un contrôle sérieux des entrées et une intégration de ceux qui sont là, notamment ceux qui travaillent, ont un logement…  Quant à faire de l’immigration la cause de nos problèmes, c’est se tromper. La plupart des immigrés effectuent des travaux qui, autrement, ne seraient pas occupés. C’est l’adaptation des Français à ces travaux, par le salaire, les conditions de travail, qui est la véritable question.

Prônez-vous la régularisation des sans-papiers?

Actuellement on régularise entre 20 000 et 30 000 personnes par an. Je suis pour la régularisation au cas par cas selon ces critères clairs : travailler, avoir un logement, payer des impôts, parler français.

On ne vous a pas beaucoup entendu sur la sécurité…

La question la plus cruciale est celle des mineurs délinquants très jeunes. Les policiers ont l’impression d’être nargués par des jeunes qui leur disent : « j’ai la loi de mon côté ». Il faut mettre en place une procédure d’urgence qui permette que la réponse éducative, dès le premier délit, soit instantanée. On doit leur imposer des travaux d’intérêt général, des éducateurs, bref une reprise en main….

A partir de quel âge?

Dès qu’apparaissent les dérives. L’ordonnance de 1945 n’est pas incompatible avec cette idée.

Avez-vous été surpris par la condamnation d’un maire pour une gifle à un mineur?

J’ai été choqué. Vous imaginez pourquoi ! Si les pouvoirs publics étaient en désaccord avec le jugement, pourquoi n’ont-ils pas fait appel ?

Et par le débat sur le halal?

Voir une campagne présidentielle se focaliser sur des méthodes d’abattage rituelles, c’est déplacé. Il est dangereux d’exciter les passions contre une partie de la société, nommément les juifs et les musulmans. Concernant l’étiquetage, le but recherché n’est pas l’information mais l’excitation.

N’y a-t-il pas un vrai sujet de bien-être animal?

Sans doute. Mais avez-vous déjà assisté à des abattages ? Moi oui. Le fait que l’on enfonce une tige d’acier dans le cerveau de l’animal, ce n’est pas non plus le sommet de l’humanité.