Franz-Olivier Giesbert: «Mes questions à Sarkozy étaient sévères, mais je les ai posées sans agressivité, avec le sourire»

PRESIDENTIELLE Le journaliste, très critiqué sur Twitter après sa prestation face à Nicolas Sarkozy dans «Des paroles et des actes», répond à ses détracteurs...

Recueilli par Alice Coffin

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Franz-Olivier Giesbert sur le plateau de l'émission de France 2 «Des paroles et des actes», face à Nicolas Sarkozy, le 7 mars 2012.
Franz-Olivier Giesbert sur le plateau de l'émission de France 2 «Des paroles et des actes», face à Nicolas Sarkozy, le 7 mars 2012. — WITT/SIPA

«Un très très beau candidat (…) charismatique», un «débatteur formidable», «précis, très précis évidemment», «touchant», auteur d'une «prestation globalement formidable». A entendre Franz-Olivier Giesbert sur le plateau de l'émission «Des paroles et des actes», Nicolas Sarkozy a réalisé mardi soir un grand numéro sur France 2. Sur Twitter, le sien n'a, en revanche, pas reçu le même accueil. «Mielleux», «cireur de pompes», «flagorneur», le journaliste du Point y a été très critiqué. Il s’explique ici sur sa prestation.

Votre interview de Nicolas Sarkozy a beaucoup fait parler sur le Net mardi soir. Des internautes vous reprochent d'avoir été flagorneur... 

C’est la première fois qu’on me le dit. Si ça vient du Net, ce n’est pas trop grave parce que je ne suis pas sûr que vos internautes aient le temps de bien écouter mes questions qui n’ont pas été jugées par Le Monde d’aujourd’hui, par exemple, comme complaisantes. Mes questions étaient sévères, mais je les ai posées sans agressivité, avec le sourire. Franchement, quand on dit au président de la République qu’il est aussi comptable du bilan désastreux de l’endettement après les trente honteuses auxquelles il a participé au premier rang pendant près de douze ans, je ne vois pas en quoi c’est gentil!

Pourquoi alors votre attitude avec Nicolas Sarkozy est-elle à ce point mal passée?

Moi je fais du journalisme, pas du militantisme. Je reconnais que quand j’ai en face de moi quelqu’un qui est malmené par les sondages, j’ai tendance à prendre des gants et non pas une tronçonneuse. Vous me direz que c’est une conception démodée ou désuète du métier, mais c’est la mienne. Ces accusations sont d’autant plus comiques qu’elles sont dirigées contre un journaliste qui, de notoriété publique, a de très mauvaises relations avec Nicolas Sarkozy depuis longtemps. Il a, comme l’a souligné la presse, souvent demandé ma tête à mes employeurs.

Cette attitude ne comportait-elle pas le risque pour vous de paraître connivent à l’écran?

Mes questions sont peut-être trop subtiles pour être comprises mais hier [mardi, ndlr] soir, j’ai été vache. On m’a reproché d’être trop vache, notamment avec lui, hier soir. Que voulez vous, je tiens à mon indépendance vis-à-vis de lui -qui, comme l'a souligné la presse a souvent demandé ma tête à mes employeurs- comme vis-à-vis de ses ennemis. Tout cela est grotesque et montre et est attristant sur le niveau du débat politique en France.