Présidentielle: L'entourage de Nicolas Sarkozy en proie au doute?

POLITIQUE Equipe de campagne, thèmes abordés: le camp Sarkozy se déchire...

Alexandre Sulzer

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De gauche à droite: Alain Juppé, François Fillon, Carla Bruni-Sarkozy, NKM et Brice Hortefeux au meeting de Marseille (Bouches-du-Rhône) le 19 février 2012.
De gauche à droite: Alain Juppé, François Fillon, Carla Bruni-Sarkozy, NKM et Brice Hortefeux au meeting de Marseille (Bouches-du-Rhône) le 19 février 2012. — WITT/DAMOURETTE/SIPA

«L'ambiance n'est pas mauvaise, mais elle n'est pas harmonieuse», reconnaît le secrétaire national de l'UMP, Bruno Beschizza. Depuis quelques jours, les flingues sont de sortie à droite sur fond de sondages qui ne décollent pas. Mardi, selon plusieurs témoins, des députés ont reproché en réunion de groupe devant François Fillon et à Jean-François Copé de ne pas être suffisamment associés à la campagne. «Nicolas Sarkozy est entouré de jeunes gens brillants et sympas, mais il leur manque une légitimité populaire, une sensibilité de terrain», attaque la députée Chantal Brunel.

Dans son viseur: le directeur de campagne Guillaume Lambert ou encore la conceptrice du programme Emmanuelle Mignon. Nicolas Sarkozy «est entouré d'énarques qu'on ne connaît pas et qui nous méprisent», s'est énervé mardi, lors d'un débat à l'université Dauphine, à Paris, le député Yves Bur. Et d'ajouter: «Je peux vous dire que tous mes collègues qui ont été élus avec 51% des voix ont sacrément peur pour eux en ce moment.» «On ne fait pas campagne avec 300 députés», rétorque François Goulard, élu du Morbihan. Lui dénonce plutôt la qualité du débat. «Le niveau est très bas dans les deux camps, la campagne ne peut être une série de meetings thématiques», la forme qu'a choisie le candidat. «Le sujet, c'est l'économie et le social, pas la viande halal.»

Kosciusko-Morizet dans le viseur

Une thématique pourtant portée par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, Nicolas Sarkozy samedi à Bordeaux (Gironde) et François Fillon. Lequel a «une drôle de conception de la laïcité», a attaqué Rachida Dati, éternelle rivale et pourtant figure ressuscitée de la Sarkozie. Un nouveau coup de griffe qui faisait grincer pas mal de dents mardi à l'UMP. Tout comme la prise de distance le week-end dernier de Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), porte-parole de campagne, sur le lien établi par Claude Guéant entre vote des étrangers et viande halal à la cantine. «Pour son image et son positionnement bobo, c'était bien, mais vis-à-vis de la campagne, ça l'était moins», glisse un proche de Jean-François Copé.

«Une présidentielle, c'est la rencontre entre un candidat et les Français, pas entre une porte-parole et les Français», rajoute un membre de la «cellule ripostes». Laquelle cellule doit justement se réunir avec NKM ce mercredi matin pour «mieux coordonner la communication». C'est aussi la mise en avant de NKM qui expliquerait la démobilisation de certains ministres ambitieux, reprochée par des élus comme Lionnel Luca. «On s'en fout, glisse-t-on à la cellule ripostes. De toute façon, ils sont démonétisés.»