Viande halal: C'est quoi le problème?

PRÉSIDENTIELLE e débat, poussé par le FN et l'UMP, a surgi dans la campagne. Décryptage d'une polémique alimentaire...

Julien Ménielle

— 

Dans une boucherie halal du quartier Noailles.
Dans une boucherie halal du quartier Noailles. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Deux ans après la polémique sur les burgers halal chez Quick, voilà que le halal enflamme à nouveau le débat politique. Lancée par Marine Le Pen après un reportage sur France 2, la polémique a été reprise par l’UMP (Nicolas Sarkozy affirme même que c’est «la première préoccupation» des Français). Mais quel est le problème avec la viande halal?

Au niveau religieux

Marine Le Pen affirme que de la viande halal est vendue sans être étiquetée comme telle. L’affaire n’est pas nouvelle: pour des raisons principalement économiques, une partie des animaux abattus le sont rituellement, même si la viande n’est pas destinée à la filière halal. Cette dernière, de même que des pièces halal traditionnellement non consommées par les musulmans, se retrouve donc dans le réseau de distribution classique. Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy réclament un étiquetage systématique. Une mesure difficile à mettre en place, et qui risquerait d’avoir un impact sur le prix de la viande. «Marine Le Pen veut nous faire croire qu'on attrape l'Islam par le manger!», s’est par ailleurs amusé Jean-Luc Mélenchon.

Au niveau de l'hygiène

L’abattage rituel (qu’il soit halal ou casher) favoriserait la contamination de la viande par les germes digestifs de l’animal du fait d’un reflux du contenu de l’estomac de la bête au moment de l’égorgement. Un problème qui doit être réglé par le retrait de la viande souillée. Ce qui ne serait pas toujours fait, par souci d’économie. Le problème de l’hygiène ne concerne cependant pas que l’abattage rituel, puisque plus de 40% des abattoirs français ne respectaient pas les normes sanitaires en 2008, selon un rapport cité dans le reportage de France 2.

Au niveau éthique

Dans l’abattage rituel, pour que la viande obtienne la certification, la bête doit être égorgée consciente, la tête tournée vers la Mecque pour être halal, vers Jérusalem pour être casher. Dans ce cas l’abattoir reçoit une dérogation à la législation, qui exige en temps normal que l’animal soit préalablement «étourdi» (c'est-à-dire recevoir un projectile fixe ou libre dans le haut du crâne à l’aide d’un pistolet d’abattage). Certains courants musulmans acceptent cependant l’étourdissement préalable, d’autres que celle-ci soit abattue immédiatement après l’égorgement.