François Hollande, le flou écolo?

PRESIDENTIELLE Le candidat socialiste aborde les problèmes écologiques par la transition énergétique, mais beaucoup de points restent en suspens...

Audrey Chauvet

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François Hollande, lors du congrès de France Nature Environnement à Montreuil, le 28 janvier 2012.
François Hollande, lors du congrès de France Nature Environnement à Montreuil, le 28 janvier 2012. — Remy De La Mauviniere/AP/SIPA

«François Hollande n’est pas un écolo qui s’ignore.» Marie-Hélène Aubert, qui anime le pôle «environnement, développement durable, énergie» de l’équipe de campagne de François Hollande, n'a pas le métier le plus aisé du monde. «Le but, c’est que lui-même s’empare de la question sans lui faire réciter le bréviaire de l’écolo patenté», explique-t-elle.

Membre des Verts de 1990 à 2008, elle connaît bien ses sujets mais son candidat a, selon elle, du mal à se faire entendre sur l’écologie. Pour Marie-Hélène Aubert, le contexte de la campagne fait que les sujets environnementaux ne sont pas «au top de l’affiche», mais elle assure que François Hollande «peut apporter beaucoup»: «Il a beaucoup écouté et réfléchi sur ces sujets qu’il porte dans ses discours, mais c’est rarement repris par les médias.»

Tout est en débat

Lorsque François Hollande parle d’écologie, comme lors du congrès de France nature environnement (FNE) en janvier, il se concentre sur la transition énergétique, son «entrée forte», selon Marie-Hélène Aubert. Le candidat socialiste s’est engagé à diminuer la part du nucléaire en France de 75% à 50% à l’horizon 2025. Comment? Energies renouvelables, sobriété et efficacité énergétique, rénovation thermique du bâtiment… Des idées inspirées par des associations comme Négawatt ou les ONG qui avaient participé au Grenelle de l’environnement.

Ces dernières seront d’ailleurs conviées à se rasseoir autour de la table si François Hollande était élu président: le PS propose un grand débat national sur l’énergie, nucléaire inclus, qui se ferait sur le modèle du Grenelle mais en y associant les parlementaires et en organisant des débats régionaux et locaux. Les régions pourraient d’ailleurs se voir transférer des compétences dans le domaine de l’énergie, dans le cadre du troisième plan de décentralisation. Lesquelles? Comment? A débattre. Marie-Hélène Aubert botte ainsi en touche dès que l’on aborde les mesures concrètes pour permettre la transition énergétique: les mesures fiscales, tarifs incitatifs ou conventions de structuration des filières seront mis au débat, pour que le «dialogue environnemental soit au même niveau que le dialogue social.»

Un grand discours sur l’écologie?

«François Hollande souhaite intervenir sur ces sujets et il va faire un grand discours sur l’écologie et le développement durable avant le premier tour, assure Marie-Hélène Aubert. Nous essayons de trouver la meilleure formule, peut-être pendant un déplacement sur ce thème.» Le 10 avril, le candidat socialiste se rendra à Besançon pour y parler ville et territoire durable, mais ce ne sera encore pas là qu’on l’entendra parler d’écologie, déclare son équipe de campagne. Pour se consoler, Marie-Hélène Aubert rouvre le livre de François Hollande, Changer de destin, et relit la (seule?) phrase, en fin d’ouvrage, dans laquelle le mot «écologie» figure.