Présidentielle 2012: Hollande propose un «nouvel acte de décentralisation»

CAMPAGNE En meeting à Dijon, le candidat socialiste a aussi promis de rendre compte tous les six mois de son action s'il était élu président de la république, et de mettre fin au cumul des mandats...

Reuters

— 

Le candidat socialiste à la présidentielle 2012, François Hollande, lors d'un meeting de campagne à Dijon, le 3 mars 2012.
Le candidat socialiste à la présidentielle 2012, François Hollande, lors d'un meeting de campagne à Dijon, le 3 mars 2012. — AFP PHOTO / FRED DUFOUR

François Hollande a proposé ce samedi au cours d'un meeting au Zénith de Dijon (Côte-d'Or) consacré à la République et aux collectivités territoriales, «un nouvel acte de décentralisation» qui passerait, s'il était élu président de la République en mai, par le vote d'une loi sur les territoires avant la fin 2012. Le candidat socialiste a aussi promis de rendre compte tous les six mois de son action s'il était élu président de la république, et de mettre fin au cumul des mandats.

Alors que l'on célèbre les 30 ans de la première loi de décentralisation décidée par François Mitterrand, il a promis une «loi sur les territoires de la République qui sera présentée au Parlement avant la fin de cette année». «Ce sera l'un des grandes réformes structurelles qui marquera le début du quinquennat», a-t-il dit.

François Hollande a aussi proposé la création d'un haut conseil des territoires, «instance de concertation qui s'appuiera sur le sénat qui doit demeurer le grand conseil des collectivités locales». Il a souligné la nécessité de «garantir le niveau de dotation de l'Etat aux collectivités locales».

«Il est normal (...) que Neuilly-sur-Seine paie pour Bobigny»

«L'impôt local c'est un élément de l'autonomie des communes et des départements», a-t-il dit, appelant à «renforcer la solidarité financière de l'Etat et des collectivités locales vers les territoires». «Il est normal et je ne veux stigmatiser personne, que Neuilly-sur-Seine paie pour Bobigny», a-t-il dit à l'adresse de Nicolas Sarkozy, ancien maire de Neuilly.

«La gauche fait confiance aux élus, la droite s'en méfie, la gauche leur propose des contrats, la droite des décrets», a-t-il aussi déclaré. François Hollande s'est réjoui par avance de pouvoir compter, s'il est élu, sur des régions présidées dans leur quasi-totalité par des socialistes.

«La mobilisation commune de l'Etat et des collectivités me permettra, nous permettra de traduire les priorités que je présente: le soutien des PME, la petite enfance, la culture, les universités, la recherche, l'environnement l'écologie... s'appelle la justice entre les territoires», a-t-il indiqué.

«Rendre des comptes»

François Hollande a par ailleurs promis de rendre compte aux Français de l'action gouvernementale tous les six mois s'il était élu président de la République. «Le premier devoir du prochain président sera de rendre des comptes, de dire régulièrement au pays le sens de l'action publique, de présenter tous les six mois l'évaluation des résultats par rapport aux objectifs.»

Il s'agira «de donner au Parlement les moyens efficaces de contrôler les politiques publiques et de vérifier chaque année la confiance de l'Assemblée nationale à l'égard du gouvernement», a-t-il ajouté. «L'Etat, ce ne sera plus l'Etat UMP mais ce ne sera pas davantage l'Etat PS. L'Etat c'est l'Etat, la propriété de tous les citoyens et je leur rendrai cette justice et ce droit», a poursuivi le député de Corrèze.

François Hollande s'est également élevé contre le cumul des mandats et pour la proportionnelle aux élections législatives. engagé en cas de victoire de la gauche à mettre fin au cumul des mandats, soulignant que le travail des parlementaires était un travail «à temps plein».

Fin du cumul d'un mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale

«Un député et un sénateur ne représentent pas une circonscription, un département ou une région mais la nation toute entière, c'est pourquoi je ferai voter dès le début du prochain quinquennat la fin du cumul d'un mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale», a-t-il dit sous les applaudissements. Le candidat a par ailleurs souligné l'importance d'instaurer une part de proportionnelle aux élections législatives pour assurer une meilleure représentation politique à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Le candidat socialiste a par ailleurs estimé qu'il fallait mettre fin à «l'omniprésidence» de Nicolas Sarkozy. «Ce que je veux changer tient à une pratique, celle qui compte aux yeux des citoyens et qui s'appelle le respect, la considération, la démocratie, le sens de l'Etat», a-t-il résumé avant d'énoncer à l'intention de Nicolas Sarkozy: «Depuis cinq ans, nous vivons sous le règne de "l'omniprésidence", le régime d'un seul qui prétend pouvoir décider de tout, sur tout, partout. Et en fait, certains l'ont reconnu (...), l'omnipotence conduit à l'impuissance. A vouloir concentrer tous les pouvoirs, on finit par en exercer aucun».