Nicolas Sarkozy tente de rallier ses partisans sur l'éducation

PRESIDENTIELLE A Montpellier, le Président-candidat insiste sur les valeurs d'autorité et d'effort…

Anne-Laëtitia Béraud, à Montpellier

— 

Les militants attendent l'arrivée de Nicolas Sarkozy au Zénith de Montpellier (Hérault), le 28 février 2012.
Les militants attendent l'arrivée de Nicolas Sarkozy au Zénith de Montpellier (Hérault), le 28 février 2012. — PASCAL GUYOT / AFP

De notre envoyée spéciale à Montpellier,

Après le thème du travail, Nicolas Sarkozy a lancé une nouvelle «séquence», consacrée cette fois à l’éducation. Elle s’est traduite sur le terrain ce mardi, à Montpellier (Hérault), par une visite du Président-candidat à l’«internat d’excellence» de la ville, -qui accueille de bons élèves d'origine modeste dans une ancienne caserne réhabilitée-, avant de tenir une grande réunion publique sur ce thème au zénith, devant environ 7.000 personnes.

Cette séquence éducation, débutée lundi matin sur RTL puis mardi dans lees pages du quotidien régional Midi Libre, est l’occasion de tracer les grandes propositions du candidat pour le monde de l’école. Alors qu’«à l’école, tout a changé», Nicolas Sarkozy souhaite moins d’enseignants «qui sont mal payés car trop nombreux», mais renforcer leur présence à l’école, sur la base du volontariat, en dehors des heures règlementaires.

26 heures de présence au lieu de 18

Devant les supporters chauffés à blanc du zénith de Montpellier, le candidat lance sa proposition: «Tout enseignant qui voudra travailler 26 heures de présence dans l’établissement au lieu de 18 heures de cours, aura en contrepartie une augmentation de son traitement de 25%, soit près de 500 euros net par mois.»

Deuxième idée phare: l’autonomie. Le candidat souhaite donner à «chaque établissement la possibilité de constituer des équipes pédagogiques en lui donnant la liberté de recruter directement les professeurs avec une plus grande souplesse dans les régimes indemnitaires pour rendre plus attractifs les établissements confrontés à des difficultés plus importantes», et «la nomination d’un véritable directeur d’école (…) qui ait la capacité de décider et qui soit responsable.» 

Si l’idylle entre le monde enseignant et Nicolas Sarkozt n’est jamais née -cet électorat votant de manière hégémonique pour le rival socialiste François Hollande-, le candidat s’est surtout adressé à ses supporters à Montpellier, «en parlant d’abord à toutes les familles de France qui s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants», et en lorgnant sur l’école de Jules Ferry et les hussards noirs de la République… «Même si nous ne les ressusciterons pas», précise le candidat.

La bataille des chiffres

Nicolas Sarkozy parle à ces supporteurs des «valeurs qui sont les nôtres: le travail, le mérite, l’effort», souhaite «une école de la politesse où l’on apprend à vivre avec les autres, où l’on apprend que l’on a rien sans rien, que le savoir est un précieux trésor qui vient récompenser l’effort».

Dès le début du discours, Nicolas Sarkozy a pilonné la proposition de François Hollande de créer 60.000 postes dans l’éducation sur cinq ans, estimant qu’«entre 1990 et 2007, le nombre d’élèves a diminué de 610.000 tandis que celui des professeurs a augmenté de 85.000. Si le nombre d’enseignants était le problème, nous devrions avoir la meilleure école du monde.»

Nicolas Sarkozy est ainsi revenu sur des chiffres qui ont fait couac, lundi. Sur RTL, Nicolas Sarkozy déclarait qu’en dix ans, il y avait 400.000 élèves de moins en premier et second cycles, tandis que le nombre de 45.000 professeurs avait augmenté. Des chiffres rectifiés par le parti présidentiel, qui a parlé d’un chiffre sur 20 ans et non 10 ans, démentis par le Parti socialiste.