Présidentielle: Comment s'organise la nouvelle séquence «éducation» de Nicolas Sarkozy

PRESIDENTIELLE Le candidat-président veut imposer une «séquence» par semaine...

Anne-Laëtitia Béraud

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Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle, à la raffinerie Petroplus à Petit-Couronne (Seine-Maritime), le 24 février 2012.
Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle, à la raffinerie Petroplus à Petit-Couronne (Seine-Maritime), le 24 février 2012. — WITT/SIPA

Un membre de l’entourage de Nicolas Sarkozy l’avait glissé à 20 Minutes durant le déplacement de Nicolas Sarkozy en Charente-Maritime, mardi dernier: à chaque semaine sa «séquence», comme disent les professionnels de la communication politique.

Après la «valeur travail» la semaine dernière, puis la parenthèse paysanne avec l’ouverture du salon de l’agriculture samedi, le président-candidat a ouvert une nouvelle «séquence» éducation, lundi matin sur RTL. Ce mardi, elle va se dérouler à Montpellier, avec la visite de Nicolas Sarkozy à l’internat d’excellence de la ville, situé dans une caserne militaire, avant un échange «informel avec l’équipe pédagogique et des parents», puis un discours en fin d’après-midi au Zénith.

Saucissonnage de la campagne en moments-clefs

Ce saucissonnage de la campagne en moments-clefs représentent des «dynamiques dans le fond et la forme, des temps forts qui ont pour objectif de s’approprier un sujet dans l’air du temps et l’imposer aux concurrents», décrit le publicitaire François Belley. La séquence, ce moment fort d’activité dans les médias, voit la répétition de slogans et de «coups» afin d’ancrer les idées du candidat dans les esprits.

La recette d’une bonne séquence? Selon le publicitaire, elle tient en trois points: «s’approprier un thème attendu des Français, lancer une annonce forte, relayée efficacement dans les médias par le personnage lui-même et son équipe, avant de maîtriser le sujet par des visites de terrain ciblées». Le rythme est essentiel, ajoute Eric Bonnet, directeur d'études BVA Opinion. Etre le premier à lancer une séquence permet au candidat d’imposer «l’agenda» aux autres prétendants.

Effet d’annonce et répétition

Il y a ensuite «les trucs»: Calibrer les envolées et les petites phrases lors des interventions publiques pour être reprises par la télévision, assurer une présence dans les émissions télévisuelles du soir, marteler des exemples, voire des anecdotes, souvent bien retenus.

Les deux dernières semaines, Nicolas Sarkozy a répété à plusieurs reprises sa discussion avec une ouvrière de Lejaby, de 57 ans comme lui, qui se trouvait trop vieille pour apprendre un nouveau métier, et à laquelle il répond: «À 57 ans, on n'est pas fichu, on n'est pas foutu, déprimé, chez soi à attendre l'âge de la retraite». Une anecdote, bien reprise par les médias et les commentateurs, qui fait passer simplement les idées du candidat sur le chômage, la retraite et la formation professionnelle.

Pouvoir de l’anecdote

Alors, que va-t-on entendre cette semaine lors de cette «séquence éducation»? Plusieurs éléments de langage, évoqués lundi matin sur RTL, devraient être martelés par le président-candidat: «l'école appartient au peuple de France, l'école n'appartient pas aux seuls enseignants, aux seuls représentants des enseignants»; «repenser le rôle de l'enseignement et rediscuter de (son) travail», pilonner la proposition de François Hollande de créer 60.000 postes supplémentaires dans l'Education nationale, qualifiée «de démagogie extravagante».

Nicolas Sarkozy aura fort à faire sur cette séquence, alors que les sondages des enseignants sur lui sont défavorables et qu’après l’ex-ministre Luc Ferry, une autre figure de droite du monde de l’éducation, Dominique Antoine, ex-conseiller éducation de Nicolas Sarkozy jusqu’en 2009, ont récemment déclaré qu’ils voteraient François Hollande. Mais, pour Eric Bonnet, directeur d'études BVA Opinion,  les positions clivantes de Nicolas Sarkozy sur l’éducation peuvent rassurer et remobiliser son électorat, voire attirer de nouveaux venus.

>> Revivez notre live sur l'intervention de Nicolas Sarkozy sur RTL ce lundi matin

>> et la vidéo de l'intervention ci-dessous