A Lille, Nicolas Sarkozy assure le SAV de ses annonces sur le travail

REPORTAGE Le candidat a choisi le Nord, région touchée par le chômage, pour s'expliquer sur la baisse des charges et les golden parachutes…

Alexandre Sulzer, envoyé spécial dans le Nord

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Nicolas Sarkozy en visite dans un Centre de formation des apprentis (CFA) à Tourcoing, dans le Nord, le 23 février 2012.
Nicolas Sarkozy en visite dans un Centre de formation des apprentis (CFA) à Tourcoing, dans le Nord, le 23 février 2012. — FRANCOIS LO PRESTI / AFP

De notre envoyé spécial à Tourcoing,

 Après les propositions mercredi soir au JT de France 2, place au service après vente. Ce jeudi, Nicolas Sarkozy a choisi le Nord, terre de gauche, pour « parler du travail». «Je ne suis pas allé à Lille pour aller à Lille, aujourd’hui, j’explique», décrypte le candidat lui-même aux journalistes lors de la visite d’un centre de formation des apprentis (CFA) de Tourcoing. Flanqué de Xavier Bertrand et de Rachida Dati, Nicolas Sarkozy, accueilli sous les quolibets, explique la réduction des charges salariales sur les bas salaires annoncée la veille.

«Hier, j’ai complété le dispositif» de la TVA anti-délocalisation, vante-t-il. Il faut, selon lui, «réduire cette différence entre le brut et le net» au profit de «sept millions de travailleurs». Au sujet des golden parachutes, il confesse que l’imposition à 71%, «c’était insuffisant». «On passe au cran au-dessus» en les interdisant. «Ceux qui disaient qu’il tenait un discours droitier-droitier sont obligés de réviser leurs discours», jubile, dans son coin, Xavier Bertrand. «On n’a pas tout fait en 5 ans», poursuit Nicolas Sarkozy, «c’est pour ça que je me représente».

Un candidat séducteur

 C’est donc plus que jamais le candidat, venu en TGV, et non le président de la République qui déambule dans les allées du CFA. Avec «moins de lourdeur, même avec les journalistes». Ce qui autorise Nicolas Sarkozy à blaguer avec les apprentis, voire à flirter avec quelques-unes. «C’est beau, cette image», lâche-t-il devant une belle apprentie-fleuriste de 20 ans qui devient rouge comme une pivoine. La fleur préférée du candidat. «Moi, j’aime quand c’est simple», confie-t-il au sujet des bouquets. «Pas trop de pschipschitts, pas trop de boules…» Même en matière florale, le bling-bling n’est plus de mise.

Nicolas Sarkozy demande à une apprentie-fleuriste d’un certain âge, en reconversion professionnelle, qu’il a confondue avec une prof: «Vous avez eu un problème?» «Non, j’ai toujours aimé ça», répond-elle, un brin vexée. Nicolas Sarkozy de rebondir: «C’est formidable, je défends l’apprentissage à tous les âges.» Mais c’est bien de la jeunesse dont il fait l’éloge au moment de conclure. «Moi, j’ai commencé à 21 ans, ça ne m’a pas empêché de faire une belle carrière», se vante-t-il. Avant de faire le parallèle avec Michel-Ange qui avait «20 ans» quand il a sculpté la Pièta, Mozart, «un type qui a fait une grande carrière» jeune, tout comme Rimbaud. Puis, lyrique, «la vie, c’est un miracle. Il faut aller jusqu’au bout de ce miracle.» Et de filer au palais des congrès de Lille, ville de Martine Aubry, pour enfoncer le clou sur la valeur travail. Et tout faire pour s’épargner à 57 ans une reconversion professionnelle.

Les socialistes en ligne de mire
Nicolas Sarkozy a attaqué avec virulence les socialistes à Lille. «Eux, ils parlent de statut, moi, je parle du travail. Eux ils parlent à des castes, moi, je veux parler au peuple de France.» «Quel temps perdu de raisonner en termes de quantité et non de qualité», a-t-il dénoncé, au sujet des 35h. Pour être président, il faut «être capable de dire non et pas toujours oui», a-t-il enfin reproché implicitement à François Hollande.