Propositions de Sarkozy sur l'emploi: François Hollande dénonce des tours de «passe-passe»

RÉACTIONS On prend aux pauvres pour donner aux pauvres» estime François Bayrou...

E.O.

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Le candidat socialiste François Hollande le 20 février 2012 à Bonneuil-sur-Marne.
Le candidat socialiste François Hollande le 20 février 2012 à Bonneuil-sur-Marne. — LEMOUTON-POOL/SIPA

Le travail contre l’assistanat. Voilà sans conteste le thème de l’intervention de Nicolas Sarkozy mercredi soir sur France 2. Le Président-candidat a dévoilé plusieurs propositions sur le thème de l’emploi, qui ne suscitent pas l’adhésion de l’oppostion.

François Hollande a réagi ce jeudi matin sur France inter, pour dénoncer une «mystification» au sujet de la prime sur l’emploi, que Nicolas Sarkozy entend réformer. «Nous sommes dans une campagne électorale. Les promesses peuvent se faire, elles ne peuvent pas être des tours de passe-passe, des mystifications», a assuré le candidat socialiste.

 

Pour François Bayrou, interrogé sur iTélé, cette même proposition consiste à «prendre aux pauvres pour donner aux pauvres».

Bertrand Delanoë a quant à lui trouvé le Président «assez confus». «Nicolas Sarkozy bricole. Il veut faire du bruit, et ce bruit nuit à la qualité du débat. Mais je pense que les Français ne sont pas dupes», a souligné le maire de Paris sur Europe 1. Il a souligné que la prime pour l'emploi «profite actuellement à de nombreux travailleurs précaires, dont beaucoup de femmes, qui gagnent moins de 1.200 euros par mois». «Il y en a beaucoup - hélas ! - qui vont avec cette réforme perdre leur prime», a-t-il regretté.


En 2007, «il a annoncé qu’il supprimerait les retraites chapeau, et il ne l’a pas fait en cinq ans de présidence», a déclaré Cécile Duflot sur RTL, jugeant que Nicolas Sarkozy n’avait «aucun état d’âme». «Pas de problème, il est à nouveau candidat, il redit la même chose!», a continué la secrétaire nationale d'EELV avant d’ironiser: «Attention, Sarkozy va annoncer le Grenelle de l’environnement».

Martin Hirsch, l’ancien secrétaire d’Etat aux Solidarités actives et «papa» du RSA, s’est agacé de la mesure voulue par le chef de l’Etat consistant à imposer sept heures de travail hebdomadaires aux titulaires du RSA.  «Si on veut obliger un million d'allocataires du RSA à travailler sept heures par semaine payer au Smic, cela coûte entre 1 et 1,4 milliards», a-t-il assuré.

Brice Hortefeux a salué les «propositions très concrètes» formulées par Nicolas Sarkozy «pour plus de responsabilité, plus de solidarité et plus de justice». Dans un communiqué publié mercredi soir,  l'ex-ministre de l'Intérieur actuellement conseiller politique de l'UM, a estimé que le chef de l'Etat «a tracé des pistes pour que chacun puisse être mieux rémunéré selon son mérite et son travail (...), pour que les hauts dirigeants soient contraints à des rémunérations plus raisonnables».