Présidentielle: Jean-Luc Mélenchon attend Marine Le Pen de pied ferme

POLITIQUE A la veille de leur débat que Marine Le Pen refuse...

Matthieu Goar

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Jean-Luc Mélenchon à Saint-Fons (Rhône), avec les salariés d'Arkema, le 7 février 2012.
Jean-Luc Mélenchon à Saint-Fons (Rhône), avec les salariés d'Arkema, le 7 février 2012. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

«Marine la pétoche» contre «l’insulteur public». Ce n’est pas l’affiche d’un match de catch mais bien un débat politique. Jeudi soir, France 2 a décidé de consacrer son émission «Des paroles et des actes» à Marine Le Pen (déjà invitée en juin dernier) et de lui opposer deux contradicteurs: Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, et Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche.

Ce deuxième choix ne plaît pas du tout à Marine Le Pen. Après que les dirigeants du FN ont dans un premier temps accepté le principe d’un débat, Le Pen refuse d’échanger avec Mélenchon, avec qui elle avait déjà débattu il y a un an sur BFMTV. «L'objectif de France 2 est clairement de laisser M. Mélenchon exprimer sa violence à l'égard d'une candidate et de ses millions d'électeurs dans le but de provoquer un "clash" qui ferait le "buzz"», a-t-elle écrit dans un communiqué. Elle viendra donc à l’émission mais prépare une «surprise» (croiser les bras en se taisant, quitter le plateau?…) à l’arrivée du candidat du Front de gauche.

 
 

«Qu’elle arrête cette danse de Saint-Guy»

«Si elle quitte le plateau, ne vous inquiétez pas, je peux parler tout seul pendant 20 minutes. Même pendant trois ou quatre heures s’il le faut», commente Mélenchon, mercredi, à son arrivée en Corse, pour un meeting à Bastia où il a consacré un long passage à Le Pen. «Son obsession névrotique contre les étrangers prouve un dérangement mental. Je n'ai pas peur de parler dur et dru. Honte à ces gens-là», clame-t-il le bras levé. Jeudi soir, le candidat du Front de gauche se rendra donc à France télévisions à l’heure dite. «Je ne suis pas l’invité de Marine Le Pen mais de France Télé. Tant qu’on ne me désinvite pas, j’y vais. J’ai dû bouleverser mon agenda, annuler un deuxième meeting en Corse pour elle, c’est un crève-cœur pour les militants qui m’attendaient», poursuit-il. A la veille de ce débat, Mélenchon affirme préparer ses arguments. «Elle a intérêt à bien connaître le mécanisme de redistribution des allocations mais qu’elle arrête cette danse de Saint-Guy», sourit-il.

Le Front de gauche et le Front national sont en lutte l’un contre l’autre depuis le début de la campagne. Mélenchon définit Marine Le Pen comme une «semi-démente» et promet de la chasser des usines où «ils viennent seulement quand il y a des caméras». Mercredi, Marine Le Pen a accusé «les troupes [de Mélenchon] d’attaquer ses meetings. Le candidat du Front de gauche affirme lui que des militants du Bloc identaire (un groupuscule d’extrême droite non affilié au FN) s’en sont pris à ses militants lors d’une réunion publique à Toulouse (Haute-Garonne). Et promet du débat, de la polémique. «C’est une campagne, pas un bal. Je suis bien outillé pour aller titiller le nerf entre la chair et l’os.»