Journée marathon en Charente-Maritime pour le président-candidat

PRESIDENTIELLE Deuxième déplacement de campagne pour le président-candidat, ce mardi en Charente-Maritime…

Anne-Laëtitia Béraud, en Charente-Maritime

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Nicolas Sarkozy en déplacement à Châtelaillon-Plage, en Charente-Maritime, le 21 février 2012.
Nicolas Sarkozy en déplacement à Châtelaillon-Plage, en Charente-Maritime, le 21 février 2012. — ERIC FEFERBERG / AFP

De notre envoyée spéciale en Charente-Maritime,

La journée de mardi a commencé tôt pour le candidat Nicolas Sarkozy. C’est avec cette casquette qu’il a engagé un marathon qui a débuté à 6h au marché de Rungis (Vald-de-Marne), en région parisienne, avant de s’envoler pour la Charente-Maritime.

A deux pas de La Rochelle, à Aytré, sur l’un des sites industriels d’Alstom, qui construit TGV, NTV et autres tramways, le candidat est en opération d’auto-promotion. «Je suis venu en 2004 pour vous dire que l’Etat allait devenir propriétaire d’une partie d’Alstom. Je suis revenu une autre fois pour vous dire: "Ça y est, je vous ai sauvés". Je ne veux pas qu’on me juge sur les promesses, les discours, mais sur les faits. Aujourd’hui Alstom, qu’on disait mourant en 2004, est devenu le fer de lance de l’industrie ferroviaire française.»

Devant une rame de train flambant neuve, le ton est posé: «On peut se tromper, on peut échouer, cela m’est arrivé, mais j’ai toujours essayé, je n’ai jamais renoncé», déclare le candidat, prêt à s’accorder des erreurs….mais aussi le succès actuel de l’entreprise ferroviaire. Le fleuron Alstom, une entreprise «qu’(il) ne laissera jamais tomber»,  dispose d’«un carnet de commandes plein jusqu’en 2018, combien d’usines en France peuvent en dire autant?» s’interroge Nicolas Sarkozy devant une foule d’ouvriers et de journalistes. A la fin de l’allocution informelle devant les travailleurs, direction le restaurant d’entreprise pour un moment avec les salariés, pour un déjeuner filmé par les caméras de télévision.

Une balade sur le front de mer

Après la «séquence travail» du matin, place à celle de l’émotion, de la compassion, aux Boucheleurs, sur la commune de Chatellaillon, un des sites les plus durement touchés par la tempête Xynthia, à la fin février 2010. Pendant près de trois heures, Nicolas Sarkozy arpente (difficilement) le front de mer ensoleillé, sur une digue impeccable, face au pertuis d’Antioche que lui cachent la foule et les caméras.

On se presse, on se bouscule pour voir le candidat, on râle contre les journalistes et les perches «qui gâchent tout». Le candidat, dont le service d’ordre est en civil et laisse approcher les badauds, salue l’un, pose pour la photo de l’autre, accorde un échange teinté d’intimité... malgré les centaines de personnes qui l’entourent. A une propriétaire de chien sherpei, Nicolas Sarkozy évoque l’animal de sa mère, un boxer «qui bavait, qui bavait!»

Les «erreurs» de la tempête Xynthia?

Intimité, proximité, compassion. Sur la terrasse du bar Le Poséidon, surélevée face à la foule –dont des militants de l’UNI – et prenant un providentiel micro, le candidat salue le «courage» des habitants des Boucholeurs face à  la «tragédie de cette tempête qui a causé la perte de 53 personnes», «alors que la mer est si calme aujourd’hui, dans ce petit paradis».

Là encore, Nicolas Sarkozy admet des erreurs: «J’ai fait des erreurs mais j’ai tenu, je n’ai jamais renoncé». Mais à la question de savoir si l’Etat a fait des erreurs dans la gestion du zonage des parcelles à la suite de la tempête Xynthia – un zonage qui a imposé la destruction de maisons dans le secteur, et contre lequel de nombreux habitants se sont battus, avant d’obtenir finalement gain de cause– Nicolas Sarkozy répond simplement: «Non. L’Etat n’a pas fait d’erreur.»