Référendum sur la formation des chômeurs: «Ce n'est pas utile», estime Chérèque

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Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a relevé lundi "une sorte de schizophrénie" à droite entre Nicolas Sarkozy qui "tape à bras raccourcis sur les syndicats" et François Fillon qui veut éviter cela, et a jugé regrettable que le président-candidat veuille utiliser le 1er mai pour "agresser" les syndicats.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a relevé lundi "une sorte de schizophrénie" à droite entre Nicolas Sarkozy qui "tape à bras raccourcis sur les syndicats" et François Fillon qui veut éviter cela, et a jugé regrettable que le président-candidat veuille utiliser le 1er mai pour "agresser" les syndicats. — Eric Feferberg afp.com

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a estimé ce mardi que soumettre au vote des Français si Nicolas Sarkozy est réélu le sujet de la formation des chômeurs, n'«était pas utile». «On peut aller vers une amélioration, mais, franchement, faire un référendum sur ce sujet là, je pense que ce n'est pas utile», a-t-il déclaré sur RTL.

«Le Premier ministre a parlé de 30 milliards d'euros. Trente milliards d'euros, c'est la totalité de ce qui est dépensé pour la formation professionnelle, dont 40% sont déjà utilisés pour les personnes sans emploi, pour les jeunes en insertion, pour les apprentis, pour les chômeurs, le reste c'est pour de la formation dans les entreprises ou dans les fonctions publiques», a-t-il rappelé. Consacrer tous ces moyens pour la formation des chômeurs, «ça n'a pas de sens, c'est comme si vous supprimiez les vaccins contre la grippe pour les personnes âgées pour lutter contre la maladie», a ajouté François Chérèque.

«Nous ne sommes pas contre réfléchir à un transfert d'une partie»

«Si on ne forme plus les salariés dans les entreprises, d'une part leurs capacités professionnelles diminuent (...), c'est l'entreprise qui est en difficulté mais aussi les salariés s'ils se retrouvent au chômage», dit-il. «Nous ne sommes pas contre réfléchir à un transfert d'une partie.»

François Chérèque, a ajouté que le gouvernement, «qui a démantelé l'AFPA (formation professionnelle), qui a supprimé systématiquement les allocations de fin de formation pour les chômeurs, qui a ponctionné dans un fonds mis directement sur les basses qualifications et les chômeurs (le FPSPP)», «ne peut nous reprocher de faire l'inverse de ce qu'il a fait».

Le candidat Nicolas Sarkozy propose d'obliger les chômeurs à se former à un métier en tension et d'accepter ensuite la première offre d'emploi correspondant à cette nouvelle qualification. Si les partenaires sociaux n'arrivent pas à se mettre d'accord sur ce nouveau système, il le soumettra à référendum. Le Premier ministre François Fillon a précisé qu'il pourrait s'agir de demander si les Français «approuvent un projet de loi» permettant le transfert des 30 milliards d'euros de la formation professionnelle vers «la formation des demandeurs d'emploi».