Convention FN à Lille: Marine Le Pen, la Nation et Brasillach

PRESIDENTIELLE La candidate à la présidentielle a clôturé ce dimanche une grande convention du FN à Lille...

A Lille, Anne-Laëtitia Béraud

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Marine Le Pen lors de la convention ddu FN, le 19 février 2012, à Lille
Marine Le Pen lors de la convention ddu FN, le 19 février 2012, à Lille — Mikael LIBERT / 20 Minutes

De notre envoyée spéciale à Lille

Le week-end était riche pour le Front national, qui organisait une «grande convention 2012 Cap Espérance» à Lille. Plusieurs coups d’éclats ont rythmé les deux jours consacrés à divers ateliers et au grand discours  de Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, qui a réunit plus de 2.000 personnes dans le Grand Palais de la capitale du Nord.

Marine Le Pen a lancé tout d’abord lancé une polémique samedi, déclarant vouloir engager une procédure judiciaire car «il s'avère que l'ensemble de la viande qui est distribuée en Ile-de-France, à l'insu du consommateur, est exclusivement de la viande halal. Cette situation est une véritable tromperie».

Une affirmation qui a été démentie, ce dimanche, par le ministère de l’Alimentation et le président de l'Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes. Un porte-parole du ministère a ainsi déclaré que l'abattage selon le rite religieux musulman ne peut avoir lieu que «sur commande, et non de manière mécanique ou systématique».

Sortie de Jean-Marie Le Pen

Second coup du samedi: Jean-Marie Le Pen, 83 ans, président d'honneur du parti, tout en verve lors d’un discours, a cité un poème de Robert Brasillach. La référence n’est pas anodine. L’auteur, collaborateur notoire durant la Seconde guerre mondiale, a été fusillé à la Libération.

Le dimanche, Marine Le Pen est d’ailleurs revenue devant quelques journalistes sur les déclarations de son père, appelant à «faire la différence entre l'homme et l'œuvre». Déclarant qu’elle aimait Baudelaire mais n’en était pas pour autant «une droguée syphilitique», elle a ajouté: «Je cite Karl Marx dans mon livre et je ne suis pas marxiste». Elle a ensuite attaqué le président-candidat: «Demandez à Nicolas Sarkozy, qui a le livre de Céline sur sa table de chevet». L’auteur de Voyage au bout de la nuit, qui a été cité plusieurs fois par le chef de l’Etat, était antisémite notoire et un soutien de l’Allemagne nazie.

«Le candidat des puissants devenu par un coup de baguette médiatique le candidat du peuple»

Le clou de la convention, dimanche, était le discours de clôture de la candidate intitulé «La Nation ou la mondialisation, le grand choix». Pendant 50 minutes, Marine Le Pen a appelé au rassemblement, avant d’étriller Nicolas Sarkozy. Le président-candidat a été qualifié de «candidat des puissants devenu par un coup de baguette médiatique le candidat du peuple».

Brandissant à son adresse un carton rouge, la candidate a appelé les électeurs à le «sanctionner dès le premier tour». «Peuple de France, mettez à Nicolas Sarkozy un carton rouge!», a-t-elle lancé, faisant huer la salle, qui hurle, illico: «Dehors, dehors !».

Elites coupables d'atteintes à la Nation

Se proclamant «la voix du peuple, la voix de notre peuple», Marine Le Pen a accusé le chef de l’Etat de «mensonge». Mensonge «quand on va à Bruxelles abdiquer » sur la monnaie, «mensonge» sur «le communautarisme», «les atteintes à la laïcité», la «longue litanie des atteintes à la Nation».

Marine Le Pen a ensuite rendu «hommage au peuple de France» face aux élites «égoïstes, avares, lubriques et racistes, (qui) appartiennent à la classe dominante, celle de l’argent, du pouvoir (…) Ces individus qui vont fêter la victoire au Fouquet’s (…), ces affreux qui considèrent que l’assaut sexuel contre une femme de chambre ne serait rien quand on fait partie des puissants de ce monde», a déclaré la candidate, dans une référence à peine voilée à l’affaire Dominique Strauss-Kahn.

La candidate a enfin appelé, «dans ces temps où la patrie est en danger» à cause «d’une mondialisation mortifère», à une «refondation» qui passerait par la mise en place d’un «nouveau Conseil national de la résistance», et «à un juste partage des sacrifices à consentir pour restaurer la situation de la France». Déviant des sujets purement économiques, Marine Le Pen semble entrer dans une nouvelle phase de sa campagne, où elle appelle à un large «rassemblement de Français de droite comme de gauche».