NKM, l'anti FN qui portera la parole de Nicolas Sarkozy

PORTRAIT Elle a été confirmée ce samedi dans le rôle du porte-parole du candidat-président...

Maud Pierron

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Nathalie Kosciusko-Morizet, le 31 janvier 2012, à l'Assemblée nationale.
Nathalie Kosciusko-Morizet, le 31 janvier 2012, à l'Assemblée nationale. — P. KOVARIK/AFP

Finalement, Nicolas Sarkozy n’a retenu qu’un, une en l’occurrence, porte-parole pour sa campagne présidentielle: il s’agit de NKM. A 38 ans, elle est l’une des étoiles montantes de l’UMP, déjà l’une des poids lourds du gouvernement à la tête du ministère de l’Ecologie qu’elle quittera dans les prochains jours pour se consacrer à la campagne.

Nathalie Kosciusko-Morizet a «toute ma confiance et incarne cette nouvelle génération que je souhaite voir s'engager puissamment dans la vie politique», a insisté Nicolas Sarkozy samedi, en arrivant à son QG de campagne dans le 15e arrondissement. Elle est «ferme dans ses convictions et en même temps n'est pas agressive. C'est exactement la campagne que l'on veut mener, une campagne ouverte, une campagne projet contre projet (...), une campagne avec de la passion bien sûr mais sans intolérance, sans crispations inutiles, sans polémiques d'un autre siècle», a encore loué Nicolas Sarkozy.

La carte de la mordernité

Si Sarkozy veut à nouveau jouer la carte jeune – en 2007, Rachida Dati était sa porte-parole – pour dynamiser sa campagne, il veut également profiter de l’image de modernité et d’ouverture de celle qu’il avait pourtant sanctionné en 2008 en la passant du secrétariat d’Etat à l’Ecologie, son domaine de compétence, au secrétariat d’Etat à l’Economie numérique.

NKM n’avait en effet pas hésité à s’en prendre publiquement à Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle, en «dénonçant un concours de lâcheté et d’inélégances entre les deux hommes» qui ne l’avaient pas soutenue à l’Assemblée lors d’une discussion sur les OGM. Mais lorsqu’il a fallu remplacer Jean-Louis Borloo après son départ du gouvernement à l’automne 2011, la maire de Longjumeau apparaît comme incontournable.

Porte-parole d'un candidat qui opère un virage droitier

Cette liberté de parole, NKM l’utilisera de nouveau lors des cantonales de mars 2011, quand elle a appelé à voter PS lorsque le candidat de droite était éliminé au second tour. Une position qui a fait hurler Nicolas Sarkozy et François Fillon, qui récusait toute idée de «front républicain». Le combat idéologique contre le FN, c’est d’ailleurs le sillon que creuse la maire de Longjumeau, qui a publié en mai dernier Le front anti-national.

Or, NKM devra précisément porter la parole d’un candidat parti sur une campagne très à droite, chassant clairement sur les terres de l'électorat du FN, comme en 2007. Le choix de Nicolas Sarkozy peut a priori surprendre mais il vise à rassurer les nombreux électeurs de droite et de centre droit effrayés par le virage droitier du chef de l’Etat. Un président très -trop pour certains - à droite, une porte-parole un peu bourgeoise et un peu à gauche de l’UMP: à chacun son rôle et les électeurs seront (peut-être) convaincus.