Travail dominical: Nicolas Sarkozy pousse pour l'ouverture, l'opposition parle de «régression»

PRESIDENTIELLE Le candidat Nicolas Sarkozy souhaite, s'il est réélu, élargir l'ouverture des commerces le dimanche, ce que refuse l'opposition...

Anne-Laëtitia Béraud avec agences

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Meeting de Nicolas SARKOZY à Annecy, le 17 février 2012
Meeting de Nicolas SARKOZY à Annecy, le 17 février 2012 — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Le Président Nicolas Sarkozy souhaite, s'il est élu pour un second mandat, «élargir les conditions d'ouverture des magasins le dimanche», selon une déclaration lue ce vendredi en son nom par le secrétaire d'Etat au Commerce Frédéric Lefebvre.

«Si les Français m'accordent leur confiance, la première mesure que je mettrai en oeuvre sera de poursuivre les assouplissements déjà réalisés en matière d'ouverture dominicale des commerces pour vous permettre de vous adapter à l'évolution des modes de vie», écrit le chef de l'Etat dans sa déclaration.

«Elargir les conditions d'ouverture des magasins le dimanche, vous donner plus de liberté, c'est de la croissance pour vos commerces, c'est de l'emploi pour les Français, c'est du pouvoir d'achat pour vos salariés, c'est le renforcement de l'attractivité touristique pour que la France soit forte», écrit-il par ailleurs.

Oppositions en 2009

Le dossier, déjà ouvert par le locataire de l'Elysée, avait déjà suscité des oppositions en 2009, à la suite d'une session shopping de la Première dame des Etats-Unis Michelle Obama...

Selon le code du travail actuel, le maire ou le préfet peut autoriser les commerçants à ouvrir leur magasin cinq dimanches par an.

En plus de ces cinq autorisations, la loi du 10 août 2009 permet l'ouverture de commerces dans certaines communes et zones touristiques et thermales ainsi que dans certaines grandes agglomérations pour les salariés volontaires.

Alors que la majorité se félicite de la proposition, par la voix, notamment, de Jean-François Lamour, président du groupe UMP du conseil de Paris, le Parti socialiste, et les syndicats sont hostiles à une généralisation du travail dominical.

«Régression sociale» selon un député PS

Dans une vidéo diffusée dans le cadre des Etats généraux du commerce, François Hollande est revenu sur «cette question controversée».

«Sur la question du travail du dimanche, nous engagerons des négociations, nous ferons en sorte qu'il puisse y avoir la souplesse nécessaire, la contrepartie indispensable avec la rémunération des salariés. Tout se fera dans la négociation, je préfère une bonne négocation à une mauvaise loi», a-t-il dit.

La solution passe par un équilibre «entre les droits des salariés, légitimes, et le souci qui est le vôtre de répondre à de nouvelles formes de concurrence», a-t-il ajouté.

Situation des commerces de centre-ville vs grandes surfaces

«Le travail du dimanche après la hausse de la TVA: Nicolas Sarkozy n'a pas de limites dans l'injustice et dans la régression sociale», a déclaré le député PS Pierre-Alain Muet à l'Assemblée nationale, peu avant la fin de l'examen par les députés du projet de budget rectificatif pour 2012.

L'élu a ajouté que c'est «une mesure absurde, qui ne créera pas d'emplois, aggravera la condition de beaucoup de salariés, nuira aux petits commerces, notamment de centre-ville, car ce sont essentiellement les grandes surfaces qui profitent du travail du dimanche». «Vouloir généraliser comme Nicolas Sarkozy, sans même la moindre négociation, est une vraie régression sociale», a déclaré le député socialiste.

Voix discordante dans le rassemblement autour du candidat-président. Christine Boutin, ex-candidate à l'élection présidentielle du Parti Chrétien-Démocrate, qui a depuis lors rejoint Nicolas Sarkozy, écrit dans un communiqué que l'élargissement «des conditions d’ouverture des magasins le dimanche, c’est moins de temps en famille et moins de cohésion sociale!». L'ancienne ministre estime qu'«une modification de cette loi serait porteuse de dangers pour notre société déjà éclatée».