Présidentielle: Une interview de Hollande au «Guardian» irrite le Front de gauche

POLITIQUE A cause des déclarations du candidat PS sur l'état du communisme en France...

M. Go. avec Maud Pierron

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Jean-Luc Mélenchon à Saint-Fons (Rhône), avec les salariés d'Arkema, le 7 février 2012.
Jean-Luc Mélenchon à Saint-Fons (Rhône), avec les salariés d'Arkema, le 7 février 2012. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Quel est l’actuel poids des communistes en France? Le sujet est politiquement sensible à gauche. Mardi, François Hollande est au coeur d'un article du quotidien anglais The Guardian où il aborde les années 80 et évoque la disparition des communistes. «C'était la guerre froide et Mitterrand a nommé des communistes au gouvernement. Aujourd'hui il n'y a pas de communistes en France... La gauche a gouverné pendant quinze ans pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir», déclare-t-il. Dans l'article, le journaliste anglais explique également que Hollande n’a pas fait de promesses traditionnelles de la gauche comme l’augmentation des bas salaires mais prône une réduction des déficits.

Hollande s'explique dans le train

Candidat du Front de gauche, alliance entre le PC et le parti de gauche, Jean-Luc Mélénchon n’a pas du tout apprécié ses propos. «Je suis le candidat des communistes, il est mauvais observateur», a-t-il ajouté, affirmant que c'est «une parole qui ne lui portera pas chance». «Les 132 000 adhérents du PCF et ses 10 000 élus seront contents de l'apprendre. Ses propos sur les marchés financiers méritent aussi le détour . Cela a le mérite d'être clair, les électeurs de gauche apprécieront »,  a expliqué dans un communiqué Olivier Dartigolles, co-directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat du Front de gauche aurait évoqué une «attitude hautaine» et «insupportable».

Dans le train qui l'emmenait à Saint-Etienne, François Hollande, décrit dans l’interview comme un homme politique de «centre-gauche, social démocrate modéré», s'est expliqué sur cette phrase: «Oui il y a un Parti communiste en France, oui il y a des communistes, mais ils ne sont plus ce qu’ils étaient en 81. Ils étaient à 20-22%, et ils ne sont plus qu’à 10%, ça a changé sensiblement», a précisé le candidat socialiste avant de faire amende honorable. «Mélenchon va bien au delà du parti communiste. J'ai du respect pour le PC, pour l'influence communiste, pour le Front de gauche et sa candidature. Je soutiens le rassemblement de la gauche avec toutes ses sensibilités.»