A Saint-Étienne, François Hollande joue l'assurance tranquille

REPORTAGE Le candidat socialiste se montre indifférent aux annonces de déclaration de Nicolas Sarkozy...

Maud Pierron, à Saint-Étienne

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François Hollande, lors de son déplacement à Saint-Etienne, le 14 février 2012.
François Hollande, lors de son déplacement à Saint-Etienne, le 14 février 2012. — Laurent Cipriani/AP/SIPA

De notre envoyée spéciale à Saint-Étienne

Nicolas Sarkozy candidat? Quelle nouvelle! Au milieu des journalistes, dans le TGV (en retard) qui l’emmène à Lyon, François Hollande démine et banalise l’entrée en campagne de son principal rival prévue mercredi soir. «Ça ne change rien à la situation politique: chacun savait qu’il était candidat et ça ne change rien à ma propre campagne, j’ai mon propre rythme, je le garde», explique-t-il. «Il est très tranquille, il me bluffe à ce niveau là», confiait quelques minutes auparavant l’une de ses porte-parole, Najat Vallaud Belkacem, dans le wagon-bar du train.

D’ailleurs,  il ne changera rien à son meeting de Rouen, ni même le décalera pour répondre à Nicolas Sarkozy, qui s’exprimera au JT de 20h de TF1 peu de temps après son discours. «Il est candidat, point. Pas besoin de réagir». Ni mercredi soir, ni même jeudi. Son agenda est vide, seules quelques réunions à l’abri des médias sont – pour l’instant – prévues. Il pourrait laisser la place à ses «snipers».

«Sans doute a-t-il considéré qu’il était urgent de se déclarer»

«C'est intéressant car c'est Sarkozy qui se cale sur notre agenda. Il n'a pas choisi cette date par hasard», veut croire Najat Vallaud-Belkacem, qui ne craint pas que l'officialisation de la candidature n'éclipse le meeting de Rouen.«On n'est pas dans le même exercice: lui il entre dans la camapagne, nous dans une dynamique de mobilisation».

En cette veille de déclaration de candidature, qui va faire entrer la campagne «dans une nouvelle phase», selon Najat Vallaud-Belkacem, François Hollande surjoue presque, cette force tranquille du candidat favori des sondages. Le candidat socialiste note que Nicolas Sarkozy se déclare de manière plus «précoce» qu’attendue. «Sans doute a-t-il considéré qu’il était urgent de se déclarer», minaude-t-il.

Les proches de Nicolas Sarkozy annoncent une campagne éclair, propre à donner le tournis au candidat socialiste. Lequel assure ne pas être impressionné. «Chaque jour aura peut-être son coup d’éclat, son coup d’éclat permanent, c’est son mode de communication depuis 2007, parfois jusqu’à l’épuisement, mais il n’échappera pas à son propre bilan», veut-il croire. Et d’ajouter, serein, «s’il s’agit de multiplier les coups de com’, libre à lui. Je crois que les Français ont besoin de cohérence, pas d’à--coups».

«Après la tornade Boutin, la tempête Morin»

Et les meetings de 50.000 personnes annoncés par le camp d’en face? «Et pourquoi pas 100.000, 200.000 et même un million?», ironise-t-il, assurant que «ce qui compte, c’est le nombre d’électeurs». Même tranquille assurance sur le ralliement lundi soir de Christine Boutin, et à venir, d’Hervé Morin. «Je tremble: après la tornade Boutin, la tempête Morin», raille-t-il.  

Seul avantage qu’il voit à la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy: «la clarification».  «Il fera des meetings et non de fausses réunions. Depuis le 1er janvier, il m’a attaqué directement régulièrement» alors qu’il n’était «que» Président, relève-t-il.  Désormais, ce sera «sans ambuïté». Et candidat contre candidat.

Quant à la «bête de campagne» que serait Nicolas Sarkozy, Najat Vallaud-Belkacem relativise: «Les Français ne sont plus dupes de rien. Que ce soit un candidat exaltant, enthousiamant ne suffit pas  dans cette période de crise. Le contexte est différent». Elle est bien placée pour le savoir: en 2007, elle était déjà porte-parole de la candidate socialiste, Ségolène Royal.